L’armée sud-africaine est déployée pour rétablir l’ordre dans les rues

JOHANNESBURG — L’armée sud-africaine a entamé le déploiement de quelque 25 000 soldats pour aider les forces de l’ordre à combattre le pillage et les émeutes qui déferlent sur le pays depuis une semaine, dans la foulée de l’emprisonnement de l’ancien président Jacob Zuma.

Le bilan de la violence s’élève actuellement à 117 morts.

Il s’agit du plus important déploiement militaire depuis la fin du régime de l’apartheid, en 1994. Dix mille soldats étaient dans la rue jeudi. L’armée sud-africaine a aussi mobilisé la totalité de ses 12 000 réservistes. Des camions, des blindés et des hélicoptères transportent les soldats vers les points chauds dans les provinces de Gauteng et du KwaZulu-Natal, où la violence frappe surtout les quartiers pauvres.

La violence a éclaté la semaine dernière, quand M. Zuma a commencé à purger une peine de quinze mois de prison pour outrage au tribunal, après avoir refusé d’obéir aux juges qui lui ordonnaient de témoigner devant une commission d’enquête gouvernementale qui examine des allégations de corruption pendant sa présidence, entre 2009 et 2018.

Les manifestations dans le Gauteng et le KwaZulu-Natal se sont transformées en vagues de pillage, mais les sept autres provinces du pays demeurent calmes sous la surveillance étroite de la police.

Plus de 2200 personnes ont été arrêtées pour vol et pour vandalisme. Les 117 victimes ont principalement été piétinées à mort lors de bousculades pendant le pillage, selon la police.

Les patrouilles armées semblent avoir réussi à rétablir l’ordre dans le Gauteng, la province la plus peuplée d’Afrique du Sud où on trouve notamment la plus grande ville du pays, Johannesbourg, et la capitale, Pretoria. Des soldats montaient la garde près du centre d’achat de Maponya, à Soweto, qui était fermé.

Des bénévoles s’affairaient à nettoyer les dégâts autour de commerces qui ont été pillés dans les comtés de Soweto, de Vosloorus et d’Alexandra.

Les troubles se poursuivaient toutefois dans le KwaZulu-Natal, où plusieurs usines et entrepôts ont été incendiés. On rapportait jeudi de nouvelles attaques contre des centres d’achat du KwaZulu-Natal, d’où est originaire M. Zuma.

La police et l’armée s’affairaient à rouvrir l’autoroute N3, qui est bloquée depuis plusieurs jours par des camions incendiés. Il s’agit d’un lien vital pour le transport de carburant, de nourriture et d’autres marchandises à travers le pays. Sa fermeture prolongée entraînera probablement des pénuries de biens essentiels.

Une sécurité musclée a été déployée autour de Durban, le plus grand port du sud de l’Afrique, pour s’assurer qu’il continue à fonctionner. La police a découvert mercredi à Durban plus de 10 000 balles qui appartiendraient aux instigateurs des émeutes dans la province.

Les forces de sécurité ont aussi renforcé leur présence à Phoenix, en banlieue de Durban, où les émeutes ont avivé des tensions raciales. Les résidents principalement indiens de Phoenix patrouillent les rues de la ville et sont accusés d’avoir tiré sur des Noirs qu’ils soupçonnaient d’être des pillards.

Une douzaine de personnes ont été arrêtées pour avoir possiblement organisé les troubles.

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