L’arrivée de Persevrance sur Mars: un moment de bonheur pour Farah Alibay

MONTRÉAL — Farah Alibay décrit le laps de temps qui s’est écoulé entre l’arrivée de l’astromobile Persevrance dans l’atmosphère de Mars et son «amarsissage» comme «les sept minutes les plus longues et les plus courtes de [sa] vie».

Après ce court moment de haute tension, l’ingénieure en aérospatiale de la NASA originaire de Montréal a eu la chair de poule lorsqu’elle a finalement entendu «amarsissage confirmé».

«C’était un moment extraordinaire de joie, raconte-t-elle en entrevue à La Presse Canadienne. Je pense que j’ai crié, pleuré et sauté. Je la sens encore. J’ai encore le goût de faire une petite danse».

Mme Alibay mentionne que l’arrivée sur Mars a suivi de longues heures de préparation et de sacrifices personnelles pour l’ensemble de l’équipe qui a dû planifier cette opération complexe au cours d’une pandémie.

Les célébrations ont toutefois été de courte durée. «La pensée suivante a été du genre que j’avais encore un travail à accomplir. Bon, continuons», ajoute l’ingénieure.

Aujourd’hui, Mme Alibay se prépare pour les prochaines étapes du projet, qui incluent la tâche ardue d’aider au guidage de l’appareil pendant qu’il recherche des signes de vie ancienne sur la planète rouge.

L’appareil utilisera son long bras robotique de deux mètres pour creuser et collecter des échantillons de roche et de sol à renvoyer sur Terre, où ils seront analysés afin de déterminer s’ils renferment des microbes anciens.

Maintenant que la sonde est arrivée sur Mars, le rôle de Mme Alibay consister à collaborer aux vérifications et de compléter les plans en vue des prochaines étapes de la mission. Elle devra notamment aider à coordonner l’utilisation d’un petit hélicoptère robotisé qui a été transporté sur Mars à bord de Perseverance.

«On va essayer de voler pour la première fois sur Mars», lance la scientifique.

Mme Alibay dit que c’est «un honneur» de travailler sur ce projet qui cherchera à obtenir des réponses à certaines des plus grandes questions de l’humanité

«Sommes-nous seuls [dans l’univers] est une question que les gens se posent depuis des centaines, voire des milliers d’années, souligne-t-elle. Faire partie d’une équipe qui pourrait commencer à trouver des réponses, qui ose poser la question et d’aller faire des observations, c’est quand même incroyable.»

Farah Alibay est née dans la région de Montréal de parents venant de Madagascar. Enfant, elle dit avoir été inspirée par des films comme «Apollo 13» et des pionnières de l’espace comme la Québécoise Julie Payette.

Même si elle est déménagée en Angleterre à l’âge de 13 ans, Mme Alibay dit être restée fière d’être Canadienne. Elle n’a pas oublié le pays qui a accueilli sa famille et lui a donné une chance de vivre une nouvelle vie.

Elle est aussi heureuse de voir que son histoire a été lue et entendue par un grand nombre de personnes. Elle espère pouvoir inspirer une nouvelle génération d’enfants à réaliser leurs rêves.

«J’ai senti le Québec et le Canada avec moi au moment de l’atterrissage. C’est tout un honneur de représenter notre pays, dit-elle avec enthousiaste. Voir tout ce monde intéressé à l’espace et à la technologie, ç’a été un plaisir.»

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