L’aspirine pourrait réduire le risque d’hémorragie cérébrale

Selon une récente étude, la prise de médicaments comme l’aspirine n’augmente pas le risque d’une nouvelle hémorragie cérébrale chez les patients qui en ont déjà subi une et pourrait même le réduire de moitié. Une découverte qui a eu des conséquences immédiates au Québec.

MONTRÉAL — La prise de médicaments comme l’aspirine n’augmente pas le risque d’une nouvelle hémorragie cérébrale chez les patients qui en ont déjà subi une et pourrait même le réduire de moitié, suggère une nouvelle étude réalisée à l’Université d’Édimbourg.

L’aspirine et d’autres médicaments du genre sont des antiagrégants plaquettaires qui éclaircissent le sang. Des millions de personnes à travers le monde en prennent chaque jour à titre préventif, puisqu’elles souffrent d’un problème de santé qui risque d’obstruer leurs artères.

Mais dans le cas des gens qui avaient déjà subi une première hémorragie cérébrale, le médecin et son patient étaient confrontés à un véritable dilemme.

«Puisque l’aspirine éclaircit le sang, ce n’était pas clair, quand on en a besoin et quand on a déjà fait une hémorragie, si c’était sécuritaire de reprendre de l’aspirine après une hémorragie, a expliqué le neurologue Christian Stapf, du CHUM. Chez ces patients-là on était entre deux chaises: est-ce qu’il faut éclaircir le sang pour les autres maladies ou ne plus éclaircir le sang parce qu’ils ont déjà saigné dans la tête?»

Les chercheurs de l’Université d’Édimbourg ont donc recruté 537 patients qui avaient subi une hémorragie cérébrale pendant qu’ils prenaient un médicament pour éclaircir leur sang. Ces sujets ont été divisés au hasard en deux: un groupe a commencé à prendre des antiagrégants plaquettaires et l’autre a dû les éviter pendant une période pouvant atteindre cinq ans.

Douze patients qui prenaient les antiagrégants plaquettaires ont subi une nouvelle hémorragie cérébrale, comparativement à 23 pour le groupe qui n’en prenait pas.

«Étonnamment, non seulement l’aspirine était bien tolérée, mais il y avait moins de complications hémorragiques par la suite, a commenté le docteur Stapf. Cette étude nous répond clairement que si on a une maladie occlusive au niveau (…) des artères et qu’on a besoin de prendre de l’aspirine, le fait d’avoir fait une hémorragie cérébrale n’est pas une contre-indication et devrait plutôt nous inciter à reprendre rapidement l’aspirine.»

Cette étude a un impact immédiat, ajoute-t-il. La coronopathie est très fréquente au sein d’une population vieillissante et demeure la première cause de mortalité au Québec. Un nombre incalculable de patients prennent de l’aspirine à la base par prévention pour leur maladie cardiaque.

«Le CHUM est le plus grand centre d’AVC au Québec, a dit le docteur Stapf. C’est un résultat qui se traduit immédiatement dans la pratique. Ça a changé notre pratique depuis hier matin (jeudi). Les anglophones disent ‘An aspirin a day keeps the doctor away’. Moi je dis ‘Une aspirine d’avance garde le docteur à distance’.»

«Donc ça semble tenir même après une hémorragie cérébrale quand on a une autre raison de prendre de l’aspirine.»

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