L’assassinat de Shinzo Abe choque les dirigeants mondiaux

KUALA LUMPUR, Malaisie — L’assassinat de l’ancien premier ministre japonais Shinzo Abe dans l’un des pays les plus sûrs du monde, vendredi, a stupéfié les dirigeants mondiaux et a été condamné de toute part, l’Iran le qualifiant d’«acte de terrorisme» et l’Espagne dénonçant «l’attaque lâche».

M. Abe, 67 ans, a été abattu par-derrière à Nara, dans l’ouest du Japon, alors qu’il prononçait un discours. Il a été transporté par avion à l’hôpital, mais ne respirait plus et son cœur s’était arrêté. Il a été déclaré mort plus tard à l’hôpital. M. Abe était le leader du Japon ayant servi le plus longtemps avant de démissionner en 2020 pour des raisons de santé.

Le premier ministre japonais Fumio Kishida, qui est revenu à la hâte à Tokyo alors qu’il participait à des événements de campagne à travers le pays, a qualifié la fusillade d’«ignoble et barbare».

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a réagi sur Twitter.

«L’assassinat (d’Abe Shinzo) est extrêmement troublant – et j’en suis profondément attristé. Le monde a perdu un grand visionnaire, et le Canada un proche ami. Je suis de tout cœur avec son épouse Akie et les Japonais, qui pleurent son décès. Tu nous manqueras, mon ami», a-t-il écrit.

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken, s’adressant aux ministres des Affaires étrangères japonais et sud-coréen lors d’une réunion trilatérale à Bali, a déclaré que l’assassinat de M. Abe était «profondément troublant» et une «perte personnelle pour tant de personnes».

«Pour les États-Unis, le premier ministre Abe était un partenaire extraordinaire et quelqu’un qui était clairement un grand leader pour le Japon et le peuple japonais», a déclaré M. Blinken, ajoutant que M. Abe, pendant son mandat, «a apporté la relation entre nos pays ― les États-Unis et le Japon ― vers de nouveaux sommets».

Des dirigeants, de la Turquie jusqu’à Singapour ont condamné l’attaque. Le premier ministre britannique Boris Johnson a qualifié la fusillade de «méprisable».

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a offert sur Twitter ses «plus sincères condoléances à sa famille et au peuple japonais en cette période difficile».

«Cet acte de violence odieux n’a aucune excuse», a-t-il ajouté.

Le bureau du président sud-coréen Yoon Suk Yeol l’a cité disant que la fusillade qui a conduit à la mort de M. Abe est «un acte criminel intolérable».

L’Iran a condamné la fusillade comme «un acte de terrorisme».

«En tant que pays qui a été victime de terrorisme et qui a perdu de grands dirigeants au profit des terroristes, nous suivons l’actualité de près et avec inquiétude», a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères.

Des dirigeants de l’Allemagne, du Pakistan, de la Suède et des Philippines font partie de ceux qui ont présenté leurs condoléances, et de nombreux pays, dont l’Espagne et la France, ont exprimé leur solidarité avec le Japon. 

«Profondément choqué par l’attaque odieuse dont Shinzo Abe a été victime. Pensées à la famille et aux proches d’un grand premier ministre. La France se tient aux côtés du peuple japonais», a écrit le président français Emmanuel Macron, sur Twitter.

«Le Japon perd un grand premier ministre, qui dédia sa vie à son pays et œuvra à l’équilibre du monde.»

Le premier ministre indien Narendra Modi a annoncé samedi un deuil national d’une journée en signe de respect le plus profond pour M. Abe.

«M. Abe a apporté une immense contribution à l’élévation des relations indo-japonaises vers un partenariat stratégique et mondial spécial. Aujourd’hui, toute l’Inde pleure le Japon et nous sommes solidaires avec nos frères et sœurs japonais en ce moment difficile», a déclaré M. Modi. 

Le premier ministre australien Anthony Albanese a dit que M. Abe était l’un des amis les plus proches de l’Australie et un «géant sur la scène mondiale», ajoutant que «son héritage avait un impact mondial, et un héritage profond et positif pour l’Australie. Il va beaucoup nous manquer.»

L’ancienne chancelière allemande Angela Merkel, dont le mandat de 2005 à 2021 a largement chevauché celui de Shinzo Abe, s’est dite «profondément choquée et dévastée» par la nouvelle de sa mort des suites de blessures «infligées lors d’un assassinat lâche et ignoble quelques heures plus tôt».

«Mes premières pensées vont à sa femme et à sa famille, a-t-elle déclaré dans un communiqué. Je pleure avec elles. Je leur souhaite réconfort et soutien.»

Le gouvernement taïwanais a déclaré que «M. Abe n’a ménagé aucun effort pour faire progresser les relations taïwanaises japonaises pendant de nombreuses années», notant la pression qu’il a mise sur le gouvernement japonais pour qu’il fasse don de vaccins à Taïwan en pleine pandémie de COVID-19.

En Chine cependant, l’assassinat de M. Abe a déclenché des commentaires défavorables de la part de dizaines de milliers de citoyens nationalistes sur les réseaux sociaux.

Certains ont dit «j’espère qu’il ne va pas bien», tandis que des dizaines ont qualifié à la blague le tireur de «héros» ou de «héros anti-Japon». D’autres ont déclaré que les blessures de M. Abe étaient un réconfort pour les âmes des personnes décédées lors de l’invasion japonaise de la Chine pendant la Seconde Guerre mondiale.

Bien que n’étant pas nécessairement le point de vue de la plupart des Chinois, les messages reflètent un fort sentiment public – encouragé par la propagande gouvernementale – contre les politiciens japonais de droite qui remettent en question ou nient que l’armée ait commis des atrocités en Chine.

Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, a refusé de commenter. Il a déclaré que la Chine exprimait sa sympathie à la famille de M. Abe et que la fusillade ne devrait pas être liée à des relations bilatérales.

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