L’Assemblée nationale donne son appui au combat des Iraniennes

QUÉBEC — D’une seule voix, l’Assemblée nationale a tenu à afficher sa solidarité vendredi avec les femmes d’Iran qui descendent dans les rues depuis deux mois, au péril de leur vie, pour revendiquer leurs droits.

Une motion, présentée par la députée solidaire de Mercier, Ruba Ghazal, a été adoptée à l’unanimité.

Le geste d’appui des élus québécois s’inscrit dans le vaste mouvement de révolte contre le régime en place en Iran, à la suite du décès d’une jeune Iranienne de 22 ans, Mahsa Amini, morte après avoir été arrêtée par la police des mœurs pour avoir porté son voile de manière jugée incorrecte.

«Aujourd’hui, nous sommes toutes Iraniennes!», a commenté en conférence de presse Mme Ghazal, à l’origine de la démarche transpartisane. Plusieurs élues étaient présentes au point de presse, de même que quelques femmes issues de la diaspora iranienne.

En Chambre, Mme Ghazal a parlé de «révolution féministe» et rendu hommage aux femmes iraniennes, qui prennent le risque de descendre dans la rue, jour après jour, pour changer l’ordre des choses dans cette république islamiste, où le port du voile intégral est imposé aux femmes. 

À ce jour, au cours des deux derniers mois, les manifestations ont fait au moins 400 morts. 

«Femme, vie, liberté. À quel moment de l’histoire de l’humanité un slogan révolutionnaire scandé par tout un peuple commençait par le mot femme? Nous sommes les témoins d’une véritable révolution féministe en Iran. Les Iraniennes sont en train d’écrire l’histoire du monde devant nos yeux. Elles donnent au monde entier une leçon de courage inouïe dont nous nous rappellerons très longtemps», a-t-elle observé.

La ministre de la Condition féminine, Martine Biron, de surcroît ministre des Relations internationales, était absente de la conférence de presse. Elle avait délégué la députée de Mirabel, Sylvie D’Amours.

«On ne peut rester silencieux face à ce qui se passe en Iran. Nous devons condamner haut et fort la répression et dénoncer chaque geste qui va à l’encontre des droits des femmes», a-t-elle fait valoir.

La motion de l’Assemblée nationale stipule notamment qu’elle affirme «son entière solidarité à nos frères et soeurs de la diaspora iranienne du Québec qui portent avec force la voix de leurs proches en Iran pour que ces derniers voient un jour leurs droits fondamentaux et démocratiques respectés».

Étaient aussi présentes à la conférence de presse la députée libérale Michelle Setlakwe, la présidente du comité national des jeunes du Parti québécois, Marie-Laurence Desgagné, une spécialiste de l’Iran de la Chaire Raoul-Dandurand, Hanieh Ziaei, et deux Québécoises d’origine iranienne, Sherazad Adib, et l’épidémiologiste Nima Machouf.

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