L’Assemblée nationale n’arrive pas à condamner le grabuge survenu à Montréal

QUÉBEC — Les partis à l’Assemblée nationale ont été incapables de s’entendre pour condamner le vandalisme qui a eu lieu dans les rues du Vieux-Montréal le 11 avril dernier.

Deux motions ont été présentées au Salon bleu, mercredi, mais ni l’une ni l’autre n’ont été adoptées.

Le leader parlementaire de Québec solidaire (QS), Gabriel Nadeau-Dubois, a d’abord présenté une motion qui déplorait entre autres le saccage de plusieurs commerces lors de cette soirée.

La motion de QS rappelait «sans nuance la nécessité de respecter nos lois et règlements», mais réclamait du même coup «un débat démocratique sain» au sujet des mesures sanitaires, notamment le couvre-feu.

Le couvre-feu a des conséquences sociales particulières pour certaines parties de la population québécoise, peut-on lire dans la motion.

Surpris, le leader parlementaire adjoint du gouvernement, Éric Caire, a laissé entendre que QS devait à l’origine présenter une autre motion portant sur un tout autre sujet.

Il s’en est suivi un brouhaha, où les deux hommes ont passé un certain temps à s’entrecouper la parole. Le président de l’Assemblée nationale, François Paradis, a dû y mettre fin. 

«Compte tenu des circonstances, M. le Président, il n’y a pas de consentement» à débattre de la motion, a indiqué M. Caire de son siège au Salon bleu.

Plus tard, la vice-première ministre Geneviève Guilbault a répliqué avec sa propre motion sur le respect des règles, qu’elle a présentée conjointement avec des députés indépendants.

Contrairement à la motion de QS, le texte lu par Mme Guilbault ne réclamait pas de débat démocratique sur le couvre-feu et ne prétendait pas que le couvre-feu avait des conséquences sur certaines personnes.

Mme Guilbault a affirmé devoir présenter cette motion «compte tenu de la manoeuvre de Québec solidaire pour éviter de condamner la désobéissance civile».

«Compte tenu des circonstances, pas de consentement», a répondu M. Nadeau-Dubois, qui a bloqué la motion. Ni le Parti libéral du Québec (PLQ) ni le Parti québécois (PQ) n’ont eu la chance de se prononcer.

Une motion adoptée unanimement à l’Assemblée nationale a force de symbole et peut envoyer un message puissant. Elle n’est jamais contraignante pour le gouvernement.

Le 11 avril dernier, des centaines de manifestants s’étaient réunis dans les rues du Vieux-Montréal afin d’exprimer leur opposition au retour du couvre-feu à 20 h dans la métropole. 

Le rassemblement a toutefois tourné au vandalisme. Les policiers ont arrêté sept manifestants et distribué une centaine de constats d’infraction lors de cette soirée.

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