L’assurance-emploi doit être revue «de A à Z», plaident les travailleurs saisonniers

OTTAWA — Un groupe de soutien pour les travailleurs saisonniers en appelle à une réforme complète du programme d’assurance-emploi dans la foulée de la pandémie de COVID-19.

C’est le plaidoyer qu’a livré lundi Fernand Thibodeau, du groupe Aide et soutien aux travailleuses et travailleurs des secteurs saisonniers (ASTS), devant les députés fédéraux siégeant au Comité permanent des ressources humaines.

Ce n’est pas la première fois que M. Thibodeau réclame de tels changements. Mais il estime que la pandémie a révélé les failles de ce programme, qui s’est avéré inefficace pour aider les travailleurs.

«Quand je regarde ça, je me dis que l’assurance-emploi, présentement, (…) a un grave problème, parce qu’elle n’a pas pu répondre aux gens pendant la crise de la COVID. On a été obligés d’inventer un autre programme, qui est la PCU», a-t-il déclaré.

À son avis, «l’assurance-emploi doit être regardée de A à Z et doit changer», surtout pour mieux desservir les travailleurs de l’industrie saisonnière qui font face à davantage d’incertitude cette année.

Le gouvernement fédéral a prolongé d’une autre année son projet pilote qui octroie cinq semaines supplémentaires de prestations d’assurance-emploi pour des régions spécifiques. Il devrait prendre fin en mai 2021.

M. Thibodeau est d’avis que le nombre de semaines devrait être doublé et que ce programme devrait être permanent.

Il demande également à Ottawa un critère unique d’admissibilité de 420 heures et de revoir la carte des régions bénéficiant de l’assurance-emploi, qui n’a pas été changée depuis 20 ans.

«Il y a (un) besoin d’enlever la poussière sur ce vieux meuble-là!» s’est exclamé M. Thibodeau, lors de la réunion du comité.

Même s’il reconnaît que «l’assurance-emploi ne réglera pas tous les problèmes», le porte-parole de l’ASTS dit qu’une réforme est essentielle pour revitaliser des régions qui vivent d’industries saisonnières comme le tourisme ou la pêche.