L’Australie retarde sa décision au sujet de Google et Fitbit

CANBERRA, Australie — Le gouvernement australien a retardé mardi de trois mois sa décision concernant le désir de Google d’acheter Fitbit pour 2,1 milliards $ US, même si l’Union européenne a déjà accordé un feu vert conditionnel à la transaction.

Les autorités européennes ont accepté la transaction la semaine dernière, après que Google eut promis de limiter la quantité de données colligées auprès des utilisateurs et que les téléphones Android demeureraient compatibles avec d’autres appareils portables pendant au moins dix ans.

L’Agence australienne de la compétition et des consommateurs (ACCC) a toutefois indiqué qu’elle n’est pas prête à accepter un tel engagement de la part du géant américain, même si l’entente est assujettie au pouvoir des tribunaux.

«Nous ne croyons pas que de tels engagements comportementaux à long terme dans une industrie aussi complexe et dynamique pourraient être efficacement surveillés et appliqués en Australie», a dit par voie de communiqué le président de l’agence gouvernementale, Rod Sims.

«L’ACCC continue de craindre que l’acquisition de Fitbit par Google puisse entraîner la disparition des rivaux de Fitbit, exception faite d’Apple, du marché des appareils portables, puisque leur fonctionnement dépend du système d’exploitation Android de Google et d’autres services de Google», a-t-il ajouté.

L’ACCC poursuivra son enquête et annoncera sa décision le 25 mars 2021, a-t-il dit.

Google a exprimé sa déception face à ce délai dans un communiqué, tout en indiquant qu’il continuera à répondre aux questions de l’ACCC.

M. Sims a indiqué que ses préoccupations concernant cette transaction se rapprochent davantage de celles du département de la Justice (DOJ) des États-Unis que de celles de l’Union européenne.

La décision de l’UE reposait essentiellement sur l’utilisation que fera Google des données des utilisateurs, a-t-il dit.

«L’ACCC et le DOJ ont une perception différente de la théorie du préjudice, a expliqué M. Sims à la télévision australienne. Nous craignons que si Google achète Fitbit, que cela puisse, un peu comme il y a une sorte de duopole concernant les applications, qu’il y aurait un duopole des appareils portables, ce qui d’après nous réduirait considérablement la concurrence.»

Des groupes de défense des droits de la personne et des consommateurs ont demandé que la transaction soit bloquée en raison de préoccupations liées à la protection de la vie privée et à la concurrence.

– Par Rod McGuirk, The Associated Press

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