Laval et l’Outaouais font grimper à cinq le nombre de régions en zone orange

QUÉBEC — En ce début de deuxième vague de la pandémie, la situation a continué de se détériorer mardi au Québec, alors qu’on compte désormais cinq régions en zone orange, tandis que le gouvernement cherche le moyen de permettre aux policiers d’intervenir auprès des gens qui ne respectent pas les règles dans les résidences privées.

La ville de Laval et l’Outaouais font grimper à cinq le nombre de régions du Québec à basculer en zone orange, entraînant un resserrement des mesures sanitaires pour leurs résidants. Pendant ce temps, le Centre-du-Québec passe du vert au jaune.

L’annonce a été faite mardi en conférence de presse par le ministre de la Santé, Christian Dubé, accompagné du directeur national de la santé publique, le Dr Horacio Arruda.

Confusion

Ce dernier a semé la confusion, en affirmant d’abord que les policiers allaient bientôt pouvoir intervenir dans les résidences privées sans mandat. «Ça s’en vient», a-t-il affirmé, «imminemment».

«On va pouvoir intervenir», a-t-il ajouté, convaincu que dans un contexte d’urgence sanitaire le gouvernement devait «se donner le moyen de sévir» contre les délinquants qui font des partys à la maison, au mépris des directives.

Le ministre de la Santé a ajouté que «s’il faut aller là, on va y aller».

Une annonce pourrait même être faite «dans les prochains jours», a dit le ministre Dubé.

Mais le Dr Arruda s’est rétracté quelques minutes plus tard pour dire que la police remettrait des «constats» aux gens, sans forcer l’entrée dans les demeures.

«Je retire mes paroles», a dit le Dr Arruda, précisant qu’il n’était pas avocat.

Légalement, la police ne peut pas entrer dans une maison privée sans avoir d’abord obtenu un mandat accordé par un juge.

Depuis des jours, le gouvernement cherche le moyen de tenir compte de cette réalité, tout en s’assurant que ses directives seront observées.

Déjà, dimanche, le gouvernement avait annoncé que trois régions (Québec, Montréal et Chaudière-Appalaches) passaient de l’alerte jaune à l’alerte orange.

Diverses mesures accompagnent ce changement, dont une réduction des heures d’ouverture des bars et restaurants, et l’interdiction de vendre de l’alcool après 23 h plutôt que minuit, de même qu’une baisse du nombre maximal de personnes autorisées dans les lieux publics et privés.

Le palier orange est le troisième de quatre paliers d’intervention régionale, chacun étant associé à une couleur: vert (mesures sanitaires de base), jaune (pré-alerte), orange (alerte modérée) et rouge (alerte maximale).

Aucune région du Québec n’a atteint le palier rouge à ce jour. 

De lundi à mardi, le Québec a enregistré 489 nouveaux nouveaux cas d’infections à la COVID-19, pour un total de 68 617, depuis le début de la pandémie en mars.

Mardi matin, les trois partis d’opposition ont dénoncé la confusion entretenue par le gouvernement dans ses directives à la population, notamment quant à l’interprétation à donner au nombre de personnes admises dans les maisons privées, qui est passé de 10 à six, avec un maximum de deux ménages.

«C’est une tour de Babel», a commenté le porte-parole en santé de l’opposition libérale, André Fortin. Selon lui, à propos du nombre de personnes tolérées dans les résidences, le gouvernement a envoyé «cinq messages différents en l’espace de deux heures».

L’opposition péquiste a dénoncé le manque de transparence du gouvernement, tandis que Québec solidaire a qualifié de «catastrophique» l’opération de communication menée dimanche et lundi par le gouvernement à ce propos.

«Je contribue»

Le ministre Dubé a rappelé que le réseau de la santé était fragile, en raison du manque de personnel, notamment dans les centres de dépistage du virus.

Il admet que les délais d’attente pour un obtenir un test et connaître le résultat sont beaucoup trop longs.

Il a donc appelé en renfort divers professionnels de la santé à la retraite pour mettre fin au cafouillage et mener plus rondement l’opération de dépistage du virus, tout en allégeant la tâche du personnel du réseau.

Qu’ils soient audiologistes, orthophonistes, dentistes, sages-femmes, infirmières auxiliaires, physiothérapeutes ou autres, les professionnels de la santé retraités sont donc invités à s’inscrire sur le site «Je contribue», pour offrir leurs services dans les centres de dépistage du virus.

On leur demandera de s’engager, contre rémunération, pour au moins quelques semaines à oeuvrer dans un des 176 centres du Québec.

Pour le traçage des personnes éventuellement atteintes du virus, il fait appel aux policiers, enquêteurs et sondeurs à la retraite. Si une formation est requise, elle sera offerte.

«Chaque Québécois peut faire une différence», a dit M. Dubé.

Mercredi, l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) fera le point sur le nombre d’hospitalisations reliées à la pandémie.

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