L’AVEQ revendique l’accès à la RAMQ pour les étudiants étrangers

MONTRÉAL – L’Association pour la voix étudiante au Québec (AVEQ) réclame l’accès au régime public d’assurance maladie pour les étudiants internationaux.

Son coordonnateur général, Christopher Gyorffy, juge que les couvertures médicales actuelles s’avèrent opaques et même discriminatoires.

Certains étudiants consultés par l’AVEQ se sentiraient, faute de carte-soleil, comme des «patients de deuxième classe».

Dans un rapport publié lundi, l’AVEQ dénonce le «monopole» des assureurs privés, dont les primes «ne cessent d’augmenter chaque année sans pour autant offrir des améliorations dans les services».

À l’Université Concordia par exemple, les primes offertes par un assureur aux étudiants étrangers auraient grimpé de 55 pour cent sur une période de cinq ans, sans préavis.

M. Gyorffy souligne que les associations étudiantes, pourtant «premières répondantes», peuvent difficilement accompagner et renseigner leurs membres puisque la négociation des contrats relève plutôt des administrations universitaires.

L’AVEQ, qui représente quelque 33 000 universitaires, s’insurge face au cas d’une étudiante sénégalaise qui aurait écopé d’une facture de 100 000 $ pour son accouchement prématuré. L’assureur aurait alors statué que cette étudiante, tombée enceinte à l’étranger, souffrait d’un «état de santé préexistant».

«Une personne vient ici pour étudier pendant quatre ans, à mon avis, la chose humaine à faire, c’est de lui garantir qu’elle n’a pas à avoir peur s’il y a quoi que ce soit qui arrive», a lancé M. Gyorffy, en entrevue avec La Presse canadienne.

Il souligne d’ailleurs qu’il ne faut pas chercher bien loin pour des modèles en la matière, alors que le Manitoba permet aux étudiants internationaux d’adhérer gratuitement à son régime médical provincial.

L’AVEQ, qui souhaite s’entretenir avec la ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David, dit attendre une réponse de sa part.