L’aviation civile réclame un registre international des drones

MONTRÉAL — L’association des transporteurs aériens de la planète estime qu’une approche internationale en matière de sécurité des données informatiques et de gestion des drones commerciaux contribuerait à accommoder en toute sûreté 3,8 milliards de nouveaux voyageurs d’ici 2036.

«Ce qui préoccupe nos compagnies aériennes — et on travaille beaucoup là-dessus —, c’est qu’en matière de protection des renseignements personnels et des données informatiques, les règles diffèrent» de par le monde, a expliqué mardi le directeur général de l’Association internationale du transport aérien (IATA), Alexandre de Juniac. «Au sein d’une même compagnie aérienne, la protection des données dans les systèmes de réservation peut différer au Japon, en Europe ou au Brésil — un véritable cauchemar.»

M. de Juniac a expliqué que l’IATA tentera d’abord d’harmoniser les différentes approches au sein de grandes régions du monde, avant de mobiliser la communauté internationale pour la mise en place de normes mondiales. Mais les choses évoluent tellement vite dans ce secteur qu’il sera difficile d’obtenir rapidement des résultats notables, admet-il.

L’IATA souhaite par ailleurs collaborer à un effort collectif pour réglementer les vols commerciaux de drones, dans le but de prévenir les collisions avec des avions. L’association appuie l’idée de créer un registre international des drones, dont on discute déjà au sein de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), une agence des Nations unies. Un porte-parole de l’IATA a indiqué que l’association accepterait toute invitation de l’OACI pour collaborer à ce dossier.

Le vice-président de l’IATA, Gilberto Lopez-Meyer, est allé plus loin: il a indiqué aux journalistes, mardi, que son association proposerait un registre mondial parrainé par l’IATA et l’OACI. «Ce sera difficile, mais c’est faisable.»

Des responsables de l’IATA doivent d’ailleurs rencontrer leurs collègues de l’OACI mercredi pour discuter de cette idée.

Un tel registre international remplacerait toute une série de bases de données dispersées ici et là, et permettrait aux autorités judiciaires d’identifier les utilisateurs de ces engins sans pilote.

Ainsi, le Bureau de la sécurité des transports du Canada n’a jamais pu déterminer à qui appartenait le drone entré en collision avec un aéronef à l’aéroport international Jean-Lesage de Québec le 12 octobre dernier. Il s’agissait de la première collision à survenir au Canada entre un drone et un avion.

Les autorités interdisent en général l’utilisation des drones autour des aéroports, mais les transporteurs aériens aimeraient tout de même pouvoir compter sur un registre international, a soutenu M. de Juniac — d’autant plus que l’utilisation de ce type d’appareils est en pleine croissance. Ce registre permettrait aux autorités de savoir précisément combien de drones se trouvent dans l’espace aérien, et obligerait les utilisateurs de ces engins à rendre des comptes.

Le trafic aérien des drones avait déjà été discuté en septembre lors d’un colloque international organisé par l’OACI, et un autre événement est prévu l’automne prochain en Chine.

Le vice-président Lopez-Meyer estime qu’un tel registre international est rendu nécessaire alors que de nouveaux joueurs, comme Amazon et Google, misent beaucoup sur l’utilisation de ces drones.

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