L’avocat de Meng Wanzhou interroge l’agent de la GRC qui l’a arrêtée à Vancouver

VANCOUVER — L’agent de la GRC qui a arrêté Meng Wanzhou trois heures après son interpellation à l’aéroport de Vancouver a déclaré mardi qu’il ne l’avait pas arrêtée plus tôt pour de ne pas s’immiscer dans le travail des agents des frontières.

L’agent Winston Yep témoignait mardi devant la Cour suprême de la Colombie-Britannique, qui examine le dossier d’extradition de la haute dirigeante du géant chinois des télécommunications Huawei. Les avocats de la femme d’affaires tentent de démontrer que son arrestation il y a deux ans était illégale et qu’elle ne devrait pas être extradée aux États-Unis, où elle pourrait être accusée de fraude.

Les témoins appelés au tribunal cette semaine ont été convoqués par l’équipe de défense de Mme Meng, qui espère recueillir des preuves pour appuyer les arguments qu’elle présentera l’année prochaine selon lesquels elle a été victime d’un abus de procédure.

La défense allègue qu’il y a eu une «stratégie coordonnée» pour que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) retarde l’arrestation de Mme Meng afin que l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) puisse l’interroger sous le prétexte d’un examen d’immigration de routine.

C’est l’une des nombreuses allégations d’actes répréhensibles que l’équipe de Mme Meng avance envers la GRC et l’ASFC. La défense accuse aussi les deux agences d’avoir gardé des notes peu détaillées des événements et de ne pas l’avoir arrêtée dès son arrivée sur le territoire canadien conformément aux exigences du mandat d’extradition.

L’avocat de la défense Richard Peck a demandé à l’agent Yep pourquoi il n’avait pas arrêté Mme Meng immédiatement après l’atterrissage de l’avion ou pendant les 13 minutes qu’elle a passées dans une salle de contrôle avant que les agents des frontières ne l’interrogent.

M. Yep a répondu que les responsables des frontières avaient leurs propres préoccupations concernant le statut d’immigration de Mme Meng et qu’il les a laissés terminer leur propre processus avant d’intervenir.

«Cela aurait pu être tout aussi facile pour vous de l’arrêter alors qu’elle descendait de l’avion et de la remettre à l’ASFC pour qu’elle fasse tout ce qu’elle avait à faire, et ensuite l’emmener. De cette façon, ses droits garantis par la Charte canadienne des droits et libertés auraient été protégés», a dit M. Peck.

M. Yep a affirmé que ce n’était pas ce qui avait été discuté avec les agents des frontières.

«Nous avons eu cette discussion avec l’ASFC. Ils avaient leur processus. Nous n’allions pas interférer avec leur processus.»

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