L’avocat de Trump, «une grenade qui va faire sauter tout le monde», selon Bolton

WASHINGTON — Le conseiller américain à la sécurité nationale John Bolton était tellement alarmé par les activités en coulisses menées par Rudy Giuliani en Ukraine qu’il a décrit l’avocat personnel du président Donald Trump comme «une grenade qui va faire sauter tout le monde», selon une ex-collaboratrice de la Maison-Blanche.

Fiona Hill, une ancienne experte de premier plan sur la Russie au Conseil de sécurité nationale des États-Unis, a témoigné lundi pendant plus de 10 heures dans le cadre de l’enquête de destitution lancée par les démocrates concernant les relations du président Trump avec l’Ukraine.

Elle a relaté les préoccupations de M. Bolton aux élus du Congrès et leur a dit qu’elle avait eu au moins deux entretiens avec l’avocat du Conseil de sécurité nationale, John Eisenberg, à la demande de M. Bolton, selon une personne ayant eu connaissance du témoignage. Cette personne a réclamé l’anonymat pour discuter avec l’Associated Press de ce témoignage à huis clos.

Ces rencontres avec l’avocat ont eu lieu au début du mois de juillet, peu avant l’appel téléphonique entre le président Trump et son homologue ukrainien Volodymyr Zelenskiy le 25 juillet, dans lequel M. Trump avait exhorté M. Zelenskiy à enquêter sur la famille de son rival démocrate Joe Biden et sur l’implication de l’Ukraine dans l’élection présidentielle américaine de 2016.

Une plainte d’un lanceur d’alerte concernant cet appel, rendue publique par la suite, a incité la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, à lancer une procédure de destitution contre le président.

Rudy Giuliani est l’avocat personnel de Donald Trump et a été étroitement impliqué dans les pressions exercées sur l’Ukraine.

Le conseiller à la sécurité nationale John Bolton a été renvoyé par le président Trump en septembre.

Fiona Hill a également déclaré aux membres du Congrès qui mènent l’enquête qu’elle s’était fermement opposée au renvoi de l’ancienne ambassadrice des États-Unis en Ukraine Marie Yovanovitch, au début de l’année, selon la personne au courant du témoignage. Mme Yovanovitch a déclaré vendredi aux enquêteurs du Congrès que M. Trump avait fait pression sur le département d’État pour qu’elle soit remerciée.

Le témoignage de Mme Hill, à l’instar des autres entendus par les enquêteurs de la Chambre des représentants, a eu lieu à huis clos. Mardi, c’était au tour du secrétaire d’État adjoint George Kent de témoigner.

M. Kent figure parmi ceux qui avaient exprimé leur inquiétude face aux pressions exercées pour obtenir le renvoi de l’ambassadrice Yovanovitch et qui estimaient que celle-ci avait été victime d’une campagne de dénigrement, d’après un responsable du département d’État ayant réclamé l’anonymat pour discuter de la situation.

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