Le 78e Salon de l’Auto de Montréal présente plus de véhicules électriques que jamais

MONTRÉAL — Les amateurs d’automobile ont pu, après deux ans d’arrêt en raison de la pandémie, déambuler dans les allées du Palais des congrès lors du Salon International de l’Auto de Montréal 2023 (SIAM) pour admirer les quelque 220 modèles en exposition. 

Le mot d’ordre du 78e Salon de l’Auto?

«Électrification», a indiqué en entrevue le directeur général du SIAM, Luis Pereira.

«On a 67 modèles électriques ou hybrides branchables au total, c’est du jamais vu dans n’importe quel événement au Québec. (…) Les manufacturiers savent que l’industrie est en transition vers l’électrification; Québec est un gros marché pour eux, et donc ils ont répondu à l’appel», a-t-il ajouté.

Sur les 17 marques automobiles présentes au SIAM – comme Lotus, Subaru, Nissan, Hyundai et le nouveau constructeur vietnamien VinFast – toutes présentent au moins un modèle électrique. 

«Toyota a 24 véhicules au total dans leur kiosque, et 17 de leurs véhicules sont des voitures électriques ou hybrides. (…) C’est le futur, et on s’en va dans cette direction-là», a souligné M. Pereira.

Si le nombre de voitures électriques disponibles à l’événement a plus que doublé depuis 2020, la situation est tout autre au-delà des murs du Palais des congrès. Bien que l’engouement pour le virage zéro émission s’accroisse depuis quelques années au Québec, les problèmes dans la chaîne d’approvisionnement mondial limitent actuellement l’accès aux véhicules neufs.

Au Canada, les ventes de voitures neuves ont chuté, représentant une baisse de plus de 11 % au deuxième trimestre de 2022 par rapport à l’année précédente. Les listes d’attente des concessionnaires s’allongent toujours, et on peut patienter entre 6 mois et 2 ans pour mettre la main sur un véhicule, selon la rareté du modèle.

Ce n’est pourtant pas l’intérêt qui manque : selon un sondage de Maru Canada mené en 2022, plus de 60 % des Québécois envisagent de se tourner vers les véhicules zéro émission à leur prochain achat automobile.

«C’est toute l’industrie qui suit cette courbe au niveau de l’environnement. (…) Chacun des véhicules doit répondre à un besoin du client, et c’est pour ça qu’on a autant de choix», a précisé Bertrand Godin, ancien pilote de course et porte-parole du Salon de l’Auto de Montréal.

Cette année, le SIAM propose également l’essai routier de 11 voitures électriques dans le cadre d’un partenariat avec CAA-Québec. Ce type de véhicule étant souvent inaccessible dans les concessionnaires, l’événement offre aux visiteurs l’occasion de se renseigner sur certains modèles zéro émission, en plus d’en tester l’expérience de conduite.

«C’est un salon de passionnés, mais aussi pour les gens qui recherchent un véhicule, et c’est pourquoi on en a pour tous les goûts (…) Ça éclaire vraiment un choix quand vient le temps de faire l’achat d’une voiture», a précisé M. Godin.

Du 20 au 29 janvier, les visiteurs pourront s’installer aux commandes de la Toyota Bz4X XLE, des nouvelles Nissan ARIYA Evolve+ et Cadillac LYRIQ ainsi que de la Kia Niro EV, entre autres.

Une date butoir qui approche

Bien que les inventaires de voitures électriques demeurent faibles, le gouvernement du Québec vise à enrayer, dès 2035, la vente de véhicules neufs qui fonctionnent à l’énergie fossile. 

En date du 31 juillet 2022, plus de 150 000 véhicules électriques et hybrides rechargeables circulaient sur les routes de la province, et les projections du gouvernement élèvent ce chiffre à 1,6 million en 2030 – si les Québécois réussissent à s’en procurer.

«Je pense que la production reprend du service, et c’est plus la main-d’œuvre que la créativité des manufacturiers qui est un enjeu, a affirmé le porte-parole du SIAM. Tout ça est en train de redémarrer, espérons que les délais annoncés seront plus courts que prévu».

Les experts s’entendent toutefois pour dire que la situation risque de perdurer au moins jusqu’à l’année prochaine. Les gens devront s’armer de patience s’ils désirent mettre la main sur un véhicule électrique neuf, d’autant plus que le Québec n’est pas dans la mire des constructeurs automobiles sur le marché mondial.

Selon Mobilité électrique Canada, la norme sur la vente de véhicules zéro émission du gouvernement provincial n’est pas suffisamment ambitieuse et n’aura pas d’impact significatif sur l’approvisionnement en véhicules électriques avant au moins cinq ans.

La Chine et l’Europe, deux endroits privilégiés par les constructeurs en raison de leur réglementation et de leurs normes environnementales plus élevées, achètent actuellement 80 % des véhicules électriques produits dans le monde.

Cet article a été produit avec le soutien financier des Bourses Meta et La Presse canadienne pour les nouvelles.

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