Le barbier Franz Jacob invité au Sénat pour discuter d’autisme

MONTRÉAL — Le barbier abitibien qui s’est fait connaître pour son approche avec ses clients autistes a été applaudi au Sénat mercredi.

Francis «Franz» Jacob a été invité à Ottawa par la sénatrice Marie-Françoise Megie à l’occasion de la Journée de la sensibilisation à l’autisme dans la chambre haute du Parlement.

Le barbier de 45 ans avait fait la manchette il y a quelques semaines grâce à une photo où on peut l’apercevoir allongé sur le plancher de son salon de Rouyn-Noranda afin de couper les cheveux du jeune Wyatt.

En entrevue avec La Presse canadienne, il avait alors expliqué s’être procuré des tondeuses sans fil pour accommoder Wyatt, 6 ans, qui reste rarement immobile lorsqu’il visite le barbier.

La sénatrice Megie a invité Franz Jacob ainsi que la mère de Wyatt, Fauve Lafrenière, pour discuter d’autisme mercredi.

M. Jacob dit se sentir «privilégié» d’avoir pu s’entretenir avec la sénatrice et prendre part à une table ronde à ce sujet.

«J’ai mon petit commerce, mais recevoir une invitation de son gouvernement pour se faire entendre à propos de ce qu’on a réalisé et obtenir une certaine reconnaissance, c’est toute une sensation, a-t-il lancé. Je n’ai jamais été aussi fier d’être Canadien de toute ma vie.»

Il dit avoir reçu des milliers de messages de partout à travers le monde grâce aux nombreux partages de la fameuse photo sur les réseaux sociaux.

Franz Jacob souligne qu’il n’a aucune formation pour gérer les enfants nécessitant une attention spéciale.

«J’ai juste développé une technique de travail pour que l’enfant soit à l’aise dans mon salon. Ça inclut qu’on barre la porte, on reste tous seuls avec les parents et je prends mon temps. Je ne peux rien décider avec ces enfants-là, c’est eux qui décident», explique-t-il.

Il prend également soin de leur accorder des rendez-vous en fin de journée pour ne pas avoir à se presser.

Fauve Lafrenière dit avoir initialement publié la photo le pour remercier: «J’adore Franz et je voulais qu’il sache qu’il fait une différence dans nos vies.»

«Je m’attendais à ce que mon entourage immédiat réagisse, mais jamais à ce que ça prenne cette ampleur-là», a-t-elle admis.

Mme Lafrenière dit avoir saisi l’occasion de sa visite à Ottawa pour réclamer plus de services pour les enfants comme le sien, qu’elle décrit comme un garçon curieux qui aime apprendre et jouer.

«Ce qui est ressorti le plus aujourd’hui dans nos discussions, c’est le délai que ça prend avant d’avoir un diagnostic, le temps qu’on perd avant de pouvoir les aider», a-t-elle exposé en entrevue téléphonique.