Le bilan de la tuerie en Nouvelle-Écosse s’élève maintenant à 23 morts

HALIFAX — Le responsable de la tuerie en Nouvelle-Écosse en fin de semaine a fait 22 morts, dont une adolescente de 17 ans, a indiqué la GRC, ajoutant que les enquêteurs ont retrouvé des corps dans cinq localités distinctes.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a confirmé mardi après-midi dans un communiqué que le bilan s’était alourdi de cinq morts depuis lundi. La GRC indique qu’elle fouille actuellement 16 endroits distincts, à Portapique, Wentworth, Debert, Shubenacadie, Milford et Enfield, afin de recueillir des éléments de preuve et d’en savoir plus sur ce qui s’est passé en fin de semaine.

Les policiers avaient précédemment parlé de cinq incendies de bâtiments à divers endroits et de corps retrouvés sur ces scènes de crime. Certaines des victimes étaient connues et ciblées par Gabriel Wortman, un denturologiste de 51 ans que la police a désigné comme le tireur, tandis que d’autres n’étaient pas connues de lui.

La tuerie a commencé samedi soir à Portapique, un petit patelin sur la baie de Cobequid, et s’est terminée dimanche midi une centaine de kilomètres plus loin, lorsque la police a abattu Wortman dans une station-service d’Enfield.

Par ailleurs, les citoyens qui habitent le long du funeste itinéraire emprunté par le tueur se demandent si les systèmes d’alerte publics ont été adéquats dans ces circonstances tragiques. Au fil de cette cavale meurtrière d’une douzaine d’heures, la GRC a fourni régulièrement des mises à jour sur Twitter, mais aucune agence publique n’a émis d’alerte, qui s’affiche automatiquement sur les téléphones intelligents — même si le système provincial d’alerte a récemment été utilisé pour rappeler les consignes de distanciation sociale en raison de la COVID-19.

Des témoins oculaires ont déclaré que le tueur s’était rendu à Shubenacadie, une communauté située à environ 50 km au nord-ouest de Halifax, près de la route 102. C’est à Shubenacadie que les badauds ont pris des photos et des vidéos montrant ce qui semble être deux véhicules de la GRC en feu et un corps gisant au sol. L’agente Heidi Stevenson a été tuée dans cette tragédie et son collègue Chad Morrison a été blessé; il se remet maintenant de ses blessures à la maison.

«Reste chez toi ! Il est au bout du chemin»

De Shubenacadie, le tireur est retourné vers la route nationale. Un conseiller municipal, Steve Streatch, a déclaré qu’un jeune père, Joey Webber, avait également été tué dans cette région.

Cheryl Maloney, résidente d’une route menant à Shubenacadie, a déclaré que sa maison se trouve sur l’itinéraire du tueur et qu’elle aurait bien aimé recevoir une alerte la prévenant de ce qui se passait, plutôt que la méthode choisie par la GRC — des mises à jour sur Twitter. Mme Maloney réside entre le lieu où les voitures en flammes et le corps ont été filmés, et l’endroit où Gina Goulet, une denturologiste de 54 ans, a été assassinée chez elle.

Mme Maloney a déclaré que son fils lui avait envoyé un message peu après 11 heures du matin: «Reste chez toi! Ce type est au bout de ton chemin et il est déguisé en policier».

L’ancienne leader d’un groupe qui représente les femmes mi’kmaq aurait elle aussi bien aimé recevoir une alerte provinciale, «car je marche ici tout le temps et j’ai passé la semaine dans ma cour». Elle a rappelé qu’elle ne consultait pas son fil Twitter pendant la pandémie, car elle essayait d’éviter le stress de regarder constamment les médias sociaux.

Pourquoi Twitter ?

Lorsqu’on lui a demandé lundi en conférence de presse pourquoi une alerte d’urgence à l’échelle de la province n’avait pas été utilisée, le surintendant de la GRC Chris Leather s’est tourné vers son officier des communications. La caporale Lisa Croteau a répondu: «Nous avons utilisé Twitter parce que la situation évoluait constamment. Nous étions en contact avec la province à ce sujet».

Plus tard dans la conférence de presse, M. Leather a admis: «C’est une bonne question et je n’ai pas de réponse pour vous en ce moment. Nous examinerons tout cela». Il a expliqué que Twitter avait été choisi «en raison de la manière instantanée dont nous pouvions communiquer» et «des milliers d’abonnés en Nouvelle-Écosse» de ce média social. «Nous avons estimé que c’était (…) un meilleur moyen de communiquer sur cette menace en constante évolution.»

Le premier ministre Stephen McNeil a déclaré que le système d’alerte d’urgence de la province n’avait pas été utilisé parce que personne ne l’avait demandé.

Pendant ce temps, des messages de sympathie et de soutien continuent d’affluer pour ceux qui ont perdu des êtres chers dans cette tuerie. La reine Élisabeth II a publié mardi matin un communiqué de condoléances, disant qu’elle et le prince Philip étaient «profondément attristés» par les événements «épouvantables».

La souveraine a également rendu hommage à la «bravoure et aux sacrifices» des policiers de la GRC et des premiers répondants. «Mes pensées et mes prières accompagnent les habitants de la Nouvelle-Écosse et tous les Canadiens en cette période tragique.»