Le bilan des fusillades pendant le congé civique à Toronto s’alourdit

TORONTO — Le nombre de fusillades à Toronto a continué à augmenter dans les heures qui ont suivi l’appel à témoins lancé lundi par le chef de police de la métropole.

La Police de Toronto indique maintenant que 17 personnes ont été blessées au cours de 14 incidents distincts qui se sont déroulés au cours du long week-end du congé civique en Ontario. En début d’après-midi lundi, la police parlait de 13 personnes blessées au cours de 11 fusillades.

On ne déplore aucun décès, bien que plusieurs des victimes soient toujours à l’hôpital. Les fusillades ont eu lieu un peu partout à Toronto, du centre-ville en passant par un bar du nord de la métropole, où cinq personnes ont été blessées dans la nuit de lundi.

Les deux plus récentes fusillades, impliquant trois victimes, ont eu lieu après que le chef Mark Saunders a appelé la population à aider la police à retrouver les responsables de ces coups de feu.

Le maire de Toronto a estimé mardi que le gouvernement fédéral devrait jouer un rôle plus actif dans la réduction des crimes commis avec une arme à feu dans la métropole canadienne. John Tory a déclaré qu’il avait déjà été en contact avec au moins un responsable fédéral après les fusillades de la fin de semaine.

Le maire espère rencontrer le premier ministre Justin Trudeau dans les prochaines semaines pour réitérer son appel à une interdiction des armes de poing et à un soutien financier accru pour aider à enrayer la vague de violence armée à Toronto.

«Même si notre ville est très sécuritaire, nous avons un grave problème, comme nous l’avons vu le week-end dernier», a déclaré M. Tory lors d’une entrevue téléphonique. «La ville est de loin la plus peuplée du pays. Cela signifie que nous avons besoin d’une partie des ressources disponibles» à Ottawa.

Le bureau du ministre de la Sécurité frontalière et de la Réduction du crime organisé, Bill Blair, a indiqué que le gouvernement fédéral avait alloué 65 millions $ à l’Ontario pour prévenir et réduire la violence liée aux armes et aux gangs, et continuerait à soutenir d’autres initiatives en ce sens.

«Il n’y a pas d’option que nous ne prendrons pas en considération, et si nous voulons prendre des mesures supplémentaires pour contrer les menaces posées par la violence armée, nous aurons besoin d’un mandat pour le faire», a-t-il déclaré dans un communiqué, en référence aux élections fédérales d’octobre.

Lorsqu’il a été nommé à ce poste, Bill Blair, qui était auparavant chef de la police de Toronto, avait reçu, dans sa lettre de mandat du premier ministre, la tâche de se pencher notamment «sur la possibilité d’interdire complètement les armes de poing et les armes d’assaut au Canada, sans entraver l’utilisation légitime d’armes à feu par les Canadiens». M. Blair a depuis mené diverses consultations à ce sujet.