Le Bloc québécois et le NPD veulent séduire l’électorat québécois

Le Québec était au coeur des préoccupations d’au moins deux partis en ce premier dimanche de la campagne électorale.

Le Bloc québécois a lancé officiellement sa campagne devant environ 300 partisans, à Boucherville. À quelque 160 kilomètres de là, à Sherbrooke, le chef du NPD, Jagmeet Singh, amorçait sa tentative de séduction de l’électorat québécois en se présentant comme le digne successeur de Jack Layton et de Thomas Mulcair.

Les bloquistes étaient réunis dans un hôtel de la Rive-Sud. Leur chef Yves-François Blanchet a prononcé un discours combatif au cours duquel il a dit vouloir courtiser un large électorat nationaliste en plaidant que le Bloc québécois est le parti nationaliste à Ottawa.

« Je pense que tous les Québécois sont nationalistes, même un sacré paquet de libéraux, a-t-il déclaré. Certainement une nette majorité des partisans de la CAQ. On suppose que tous les électeurs de Québec solidaire aiment leur nation. Et, bien oui, tous nos amis péquistes.»

Le Bloc propose notamment la création d’une forme de «péréquation verte» qui permettrait de punir les provinces qui polluent le plus et de récompenser celles dont le comportement est exemplaire.

En mêlée de presse, le chef bloquiste, Yves-François Blanchet, a qualifié l’idée de «novatrice» et a expliqué que la proposition permet de s’éloigner d’un système de péréquation qui est «fondamentalement accroché après l’État pétrolier canadien et sur lequel on s’amuse à culpabiliser les Québécois».

À la relève de Layton et Mulcair

Dans la Reine des Cantons-de-l’Est, Jagmeet Singh a lui aussi cherché à séduire l’électorat québécois en promettant de défendre ses intérêts dans divers domaines.

Le chef néo-démocrate souhaite poursuivre le travail entamé par ses prédécesseurs Jack Layton et Thomas Mulcair en offrant plus de pouvoirs à la province

Selon le document «Ensemble pour le Québec», publié avant le discours de son chef, le NPD s’engage notamment à augmenter les transferts fédéraux en matière d’immigration au gouvernement du Québec, même si ce dernier a baissé les seuils d’immigration de façon temporaire. Cette hausse des transferts permettrait élargir les programmes de langue française et d’intégration pour les nouveaux arrivants.

Le NPD fait aussi écho à une série de propositions adoptées à son congrès, l’an dernier. Le parti soumettrait les entreprises sous juridiction fédérale — comme les banques et le secteur des télécommunications  — à la loi 101 si elles sont installées au Québec. Il promet aussi aussi de discuter avec les milieux de la culture et le gouvernement du Québec dans le but de rendre au Québec son autonomie culturelle. Cette autonomie prendrait la forme d’un transfert de pouvoirs et d’un transfert «historique» du financement fédéral en matière de culture, selon le document.

«Je veux continuer dans le chemin que Jack Layton a commencé, un chemin où il a tenu la main des progressistes au Québec, une offre qui tenait en compte des particularités du Québec», a indiqué le chef du NPD, qui souhaite aussi permettre au Québec d’intégrer le cadre constitutionnel canadien.

Quant aux projets d’infrastructure pouvant avoir un impact environnemental — comme le transport d’hydrocarbures — le parti croit qu’ils devront être soumis à la procédure québécoise d’évaluation environnementale.

Réductions fiscales

Après avoir dû défendre au cours des quatre derniers jours des candidats ayant tenu des propos douteux par le passé, le chef conservateur Andrew Scheer est revenu sur un sujet qui lui tient plus à coeur: les réductions fiscales.

«J’aimerais dire que la vie est plus facile pour la classe moyenne canadienne, mais je ne le peux pas, a-t-il affirmé. Les gens travaillent plus fort que jamais mais peinent à joindre les deux bouts.»

Il s’est engagé à réduire le taux d’imposition pour la plus basse tranche de revenus, soit pour les revenus inférieurs à 47 630 $, le faisant glisser de 15 à 13,75 pour cent.

Selon les conservateurs, un couple de travailleurs épargneraient plus de 850 $ par année. Ils affirment que le fardeau fiscal des particuliers s’est alourdi d’autant d’argent pendant le mandat des libéraux de Justin Trudeau.

Selon le bureau du directeur parlementaire du budget, cette réduction fiscale coûterait annuellement 6 milliards $ au trésor fédéral. M. Scheer dit que les revenus qu’il compte obtenir par la réalisation du programme conservateur lui permettront d’arriver à un équilibre budgétaire en cinq ans.

Des railleries

Le Parti libéral et son chef Justin Trudeau ont dû subir force ralleries à la suite de la diffusion de la version française de la chanson-thème de leur campagne.

De nombreux internautes ont souligné sur les réseaux sociaux que la chanson — dont le titre est «Une Main haute» en français — semble avoir été traduite par «Google Translate».

«Quand ta réélection repose sur une partie du vote québécois et francophone hors [Québec], mieux vaut confier le texte à quelqu’un qui maîtrise cette jolie langue», a gazouillé la comédienne Salomé Corbo. Même le député libéral provincial, Gaétan Barrette, dit qu’il a écouté la chanson «une quinzaine de fois» et il n’a pas encore compris toutes les paroles.

Le Parti libéral du Canada (PLC) n’a pas l’intention de modifier sa chanson de campagne. Il a plutôt salué l’effort du groupe anglophone d’enregistrer une chanson dans l’autre langue officielle du Canada.

«Nous remercions les Strumbellas de nous avoir permis d’utiliser leur chanson pour la campagne et d’avoir accepté d’enregistrer une version en français», a simplement répondu Pierre-Olivier Herbert, un porte-parole du PLC.

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