Le Bloc québécois a présenté une proposition qui redéfinit la mission du parti

Le Bloc québécois a déposé samedi, lors de son conseil général, une proposition visant à définir la mission du parti et qui sera soumise au vote des délégués en vue du Congrès national de la formation en mai 2023.

Intitulé «Nous, Québécois», le document d’une trentaine de pages soulève les différents principes présentés par le Bloc, et sera débattu, amendé et adopté à l’occasion du congrès pour en faire le nouveau programme de la formation politique.

Selon le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, cette proposition permettra d’insuffler un vent de fraîcheur au parti, en plus de réaffirmer ses valeurs en lien avec le développement économique du Québec.

«Tout l’espace est laissé aux militants à l’intérieur d’un cadre de principes qu’on a défini, a expliqué le chef en entrevue avec La Presse Canadienne en marge du conseil. […] C’est la première fois qu’on a une liberté complète pour définir, préciser et actualiser notre identité, nos intentions et notre vision, et on l’a fait en essayant d’être novateurs».

C’est d’ailleurs la première fois que le Bloc se livre à un exercice de la sorte, et M. Blanchet s’est dit «extraordinairement content» de son déroulement, ajoutant qu’il avait été «très impliqué» dans le processus de rédaction.

Souveraineté et environnement

La proposition regroupe des thèmes centraux au parti, comme la laïcité, les relations avec les peuples autochtones, les enjeux linguistiques et l’environnement, entre autres.

M. Blanchet a affirmé en entrevue vouloir «faire avancer le débat sur la souveraineté», qui s’illustre selon lui par une immigration «généreuse, mais en français», ainsi qu’un discours écologique «incompatible avec celui du Canada». La proposition vise ainsi à «rafraîchir» les notions indépendantistes, mais en s’adaptant au rythme des Québécois.

«Je ne veux pas qu’on fasse semblant que demain matin, 60% des Québécois voteraient « oui » au référendum ; c’est faux. C’est en les écoutant et en discutant qu’on va revenir au chiffre magique du 50% et plus», a-t-il précisé.

Questionné sur la conciliation entre la cause environnementale et la création de richesses, le chef du parti a soutenu que le Québec devait revendiquer son pouvoir d’acteur mondial en s’affirmant comme une nation à part entière.

«La lutte aux changements climatiques est un débat planétaire ; pour participer au débat planétaire, il faut être un pays, a-t-il affirmé […] C’est beaucoup plus difficile pour une province, et encore plus plus un parti à l’intérieur, de faire de vraies relations internationales».

Il a également déclaré que le Canada était «l’un des pires pays au monde en matière de pétrole» et a souligné les contradictions au sein du gouvernement fédéral, notamment par rapport au financement de territoires d’exploitation dans l’Atlantique Nord.

M. Blanchet a conclu en rappelant les relations inefficaces entre les peuples autochtones et le gouvernement fédéral, qui, selon lui, ne fait qu’«acheter la paix avec un chèque» sans leur concéder un véritable droit de parole.

«Ceux qui vont le plus loin dans la reconnaissance du droit à l’autodétermination des nations autochtones, c’est le Bloc québécois», a-t-il résumé.

Le conseil général, qui s’est tenu au Centre des congrès de Granby, en Estrie, rassemblait les députés du parti, les présidents de circonscription, le forum jeunesse et les membres du bureau national. Au cours de la journée, le Bloc québécois a également adopté les règles du prochain Congrès national.

Cet article a été produit avec le soutien financier des Bourses Meta et La Presse Canadienne pour les nouvelles.

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