Le PLC révoque la candidature de Hassan Guillet après une plainte du B’nai Brith

OTTAWA — Le Parti libéral du Canada (PLC) retire à son candidat de Saint-Léonard-Saint-Michel le droit de le représenter.

En fin de journée vendredi, le parti a publié un communiqué pour annoncer que Hassan Guillet ne sera plus son candidat dans le comté montréalais.

«Les commentaires désobligeants que Hassan Guillet a faits ne concordent pas avec les valeurs du Parti libéral du Canada», peut-on lire dans une déclaration attribuée au PLC.

C’est le B’nai Brith qui a porté à l’attention du parti, il y a plus d’une semaine, d’anciennes déclarations que Hassan Guillet aurait faites sur les médias sociaux. Selon le groupe, ces déclarations sont «troublantes et antisémites et anti-israéliennes».

Le B’nai Brith, qui a fourni des liens vers ces déclarations, souligne qu’on ne les retrouve plus sur les médias sociaux de M. Guillet.

«Si ces déclarations pouvaient être considérées offensantes à certains de mes concitoyens de confession juive, je m’en excuse», écrit M. Guillet dans une déclaration qui semblait avoir été préparée pour calmer le jeu et demeurer candidat du PLC, dont La Presse canadienne a obtenu copie.

«Le manque de sensibilité de ces déclarations ne reflète pas ma personnalité, ni ma façon d’être. Depuis, j’ai évolué», assure-t-il, citant son discours à Québec de février 2017, après la tuerie de la mosquée.

«À partir de cette date (le 29 janvier 2017), je me suis engagé moi-même comme militant contre la haine et la violence et en missionnaire de paix et de collaboration inter-culturelle et inter-confessionnelle», insiste-t-il, offrant ses écrits et ses interventions médiatiques post 2017 comme preuves.

Cet acte de contrition n’a manifestement pas suffi.

«Justin Trudeau et l’équipe libérale s’opposent fermement aux propos antisémites, haineux, racistes, islamophobes, homophobes, sexistes et à toute forme de discrimination. Le Parti libéral condamne toute forme de discrimination, et nous nous attendons toujours à ce que nos candidats fassent de même», fait valoir le PLC.

Les commentaires passés

Dans un des commentaires, daté du 8 juillet 2017, et retransmis par le B’nai Brith, M. Guillet salue la libération, «après neuf mois dans une prison de la Palestine occupée», de Raed Salah qu’il qualifie de «résistant» et de «djihadiste».

«Nous félicitons le cheikh Salah pour sa libération et sa résistance. (…) Nous demandons à Dieu qu’il accélère la libération de tous les prisonniers ainsi que celle de la Mosquée al-Aqsa et de toute la Palestine», écrit-il en arabe.

«M. Guillet a célébré la libération d’un militant proche du Hamas», accuse Michael Mostyn, directeur général du B’nai Brith.

M. Mostyn brandit également une entrevue donnée par M. Guillet à Radio Canada International, en espagnol, en décembre 2017, pour commenter la décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël.

«Un autre motif est son gendre, Jared Kurchner, un juif ultra-orthodoxe et un intégriste, pro-Israël. Pendant les élections, M Trump a dit America First, (…) mais maintenant avec son gendre, c’est changé en Israel First», peut-on entendre M. Guillet dire dans cette entrevue.

«Le contrôle juif des gouvernements est une métaphore antisémite classique», déclare M. Mostyn, en entrevue téléphonique. «Prétendre que des citoyens ont une loyauté double parce qu’ils sont juifs, qu’ils sont loyaux à Israël et au pays dont ils détiennent la citoyenneté, est une autre métaphore antisémite classique», ajoute-t-il.

En mai, M. Guillet a obtenu l’investiture libérale dans la circonscription montréalaise de Saint-Léonard-Saint-Michel, traditionnellement représentée par un candidat d’origine italienne, après une chaude lutte.

Il profitait alors d’une certaine célébrité pour le sermon prononcé à Québec en février 2017. À l’époque, il était imam, un rôle qu’il exerçait à titre bénévole et n’exerce plus.

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