Le BST n’a trouvé aucun lien entre les trains et l’incendie de Lytton, en C.-B.

LYTTON, C.-B. — Le Bureau de la sécurité des transports (BST) n’a trouvé aucune preuve qu’un train de marchandises a déclenché l’incendie de forêt qui a détruit la petite ville de Lytton, en Colombie-Britannique, l’été dernier, et fait deux morts.

Le BST affirme qu’à moins que de nouvelles informations ne lui soient communiquées, son enquête est maintenant close et il ne produira pas de rapport.

L’agence fédérale indique que la société provinciale de protection des forêts et la Gendarmerie royale du Canada continuent d’enquêter sur l’incendie de Lytton, qui a commencé le 30 juin et causé des millions de dollars de dommages.

Le BST indique que les enquêteurs ont confirmé auprès des chemins de fer du CN et du CP qu’il n’y avait eu ces jours-là aucune activité de meulage des rails — une opération de maintenance qui produit des étincelles. 

Les enquêteurs du BST n’ont pas trouvé non plus de signes de surchauffe de roulements, de porte-semelles de frein brûlés ou d’autres causes potentielles d’incendie liées au convoi qui a traversé le village ce jour-là.

Certains suggéraient l’été dernier que l’incendie aurait pu être déclenché par des activités ferroviaires, c’est pourquoi le BST avait déployé des enquêteurs dans la région. 

La GRC et le BC Wildfire Service poursuivent leurs enquêtes sur l’incendie qui s’est produit lors d’une vague de chaleur qui a causé un record de température de 49,6 °C.

Selon un communiqué de la GRC, «des progrès importants ont été réalisés dans l’enquête en ce qui concerne les déclarations de témoins, les entrevues et la collecte de preuves médico-légales physiques et numériques qui continuent d’être analysées».

«La GRC respecte l’importance de mener une enquête approfondie et complète, compte tenu des impacts dévastateurs de l’incendie». 

La cheffe du Bureau de la sécurité des transports Kathy Fox a déclaré que l’enquête du BST ne serait rouverte qu’avec de nouvelles informations convaincantes.

Cependant, James Carmichael, l’enquêteur en charge, a mentionné que l’agence n’avait parlé à aucun habitant du village après son arrivée sur place en juillet et n’avait pas obtenu le retour de la Première nation Lytton après la conclusion de son enquête.

«Nous n’avons aucune preuve réelle du départ de l’incendie, de l’origine de l’incendie», a ajouté M. Carmichael.

Mme Fox a fait part quant à elle que l’agence de sécurité menait actuellement des enquêtes concernant un train près d’Elko, dans le sud-est de la Colombie-Britannique, et un autre qui a traversé Calgary. 

«Nous savons que les trains ou les activités ferroviaires peuvent provoquer des incendies», a déclaré Mme Fox, ajoutant que la plupart des feux de brousse n’étaient pas importants et ont été rapidement éteints par une compagnie ferroviaire ou par des pompiers.

Elle a ajouté qu’étant donné que les incendies peuvent être déclenchés par des trains fonctionnant à des températures extrêmes en raison du changement climatique, «il faut faire davantage pour que nous n’ayons pas un incendie critique déclenché à tous les passages de train». 

Le Chemin de fer Canadien Pacifique (CP) avait déclaré dans un communiqué en juillet qu’il n’avait rien trouvé indiquant que l’un de ses trains ou équipements ayant traversé Lytton avait causé ou contribué à l’incendie, tandis que Le Canadien National (CN) avait déclaré que des séquences vidéo publiées sur les réseaux sociaux après l’incendie n’était pas connectée à Lytton .

Un porte-parole de CP  n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaires sur les conclusions du BST.

Mathieu Gaudreault de CN a déclaré que la compagnie reconnaît les résultats de l’enquête.

«Nous restons disponibles pour aider les autres autorités dans leurs enquêtes et nous continuerons à travailler avec les résidents de la région de Lytton alors qu’ils se remettent de cet incendie dévastateur», a-t-il déclaré.

Un projet de recours collectif déposé en août au nom de ceux qui ont perdu leur maison ou leur entreprise à Lytton allègue que les chemins de fer ont causé ou contribué à l’incendie.

La poursuite n’a pas été certifiée par un juge en tant que recours collectif et les allégations n’ont pas été prouvées en cour. Aucune des deux sociétés ferroviaires n’a déposé de défense.

Jason Gratl, un avocat qui représente le principal plaignant, a déclaré que l’équipe juridique «n’est en aucun cas découragée» par l’enquête du BST.

Au 5 octobre, l’agence avait reçu 170 rapports de compagnies ferroviaires en lien avec des incendies impliquant des trains, contre 79 l’année dernière, a mentionné Mme Fox, notant que la moyenne quinquennale entre 2016 et 2020 était de 56 incendies.

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