Le budget de Chrystia Freeland accueilli très favorablement

MONTRÉAL — Les réactions ont été nombreuses à la suite du dévoilement du premier budget fédéral de la ministre des Finances Chrystia Freeland, lundi. Si le ton était largement positif, surtout en faveur du plan de relance économique, des voix déplorent un manque d’appui dans les soins de santé et en matière de logement.

Sur Twitter, le ministre des Finances du Québec Eric Girard a salué «les mesures de relance et la prolongation des mesures de soutien dont la subvention salariale d’urgence, l’aide aux loyers commerciaux et la Prestation canadienne de relance économique», a-t-il écrit. Un message qui fait écho à de nombreuses réactions en provenance du milieu des affaires.

Toutefois, la suite du commentaire du ministre caquiste laisse présager un certain face-à-face avec Ottawa alors qu’il réclame une compensation financière «sans condition» pour l’abstention du Québec au programme de garderies. Eric Girard a aussi déploré l’absence du rehaussement récurrent du financement des services de santé. Un cheval de bataille que n’abandonneront pas les provinces, comme l’a souligné le premier ministre du Québec sur Twitter dans un message adressé à Justin Trudeau:

«Ça fait des mois que les provinces et territoires font la demande unanime au fédéral d’augmenter les transferts en santé de façon récurrente et sans condition. Justin Trudeau avait la chance de faire sa juste part, mais a encore une fois refusé d’écouter nos demandes», a écrit François Legault.

Toujours à Québec, mais du côté de Québec solidaire, le porte-parole en matière de justice fiscale et de services publics Vincent Marissal a retenu la taxe sur certains biens de luxe comme un moyen d’obtenir une plus grande contribution des plus fortunés tout en qualifiant la mesure de «gadget».

Chez les Autochtones, le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL), Ghislain Picard a dit prendre acte des sommes importantes prévues dans le but de réduire les écarts existants entre les peuples autochtones et non autochtones dans divers domaines socio-économiques ainsi que dans les infrastructures.

Les fonds semblent cependant insuffisants aux yeux du chef Picard, principalement en raison de l’ampleur de la crise du logement qui sévit dans les communautés autochtones.

Par ailleurs, le logement apparaît aussi comme le secteur négligé pour le Front d’action populaire en réaménagement urbain selon qui le budget «n’est malheureusement pas à la hauteur de la crise actuelle du logement» au Québec.

Un constat que partage l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS). On ajoute aux critiques le manque de sensibilité à l’autre crise majeure, soit celle des changements climatiques.

Des gens d’affaires comblés

La communauté d’affaires du Québec et d’ailleurs au pays a accueilli le budget Freeland avec grand enthousiasme. Tel que mentionné précédemment, le maintien des programmes d’aide aux entreprises affectées par la pandémie a été reçu comme un soulagement.

De plus, les investissements massifs dans les technologies vertes et les infrastructures a réjoui le Conseil du patronat du Québec qui salue aussi la création du Programme d’embauche pour la relance, tout comme l’a fait la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante.

La Fédération des chambres de commerce du Québec avait aussi de bons mots pour le budget libéral particulièrement en raison des sommes prévues pour des secteurs durement affectés comme le tourisme et l’aérospatial. Ce qui fait le bonheur de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, alors que l’organisme souligne l’adéquation des mesures avec les projets du mouvement «Relançons MTL».

Des syndicats mitigés

Chez les syndicats, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) dit voir certaines mesures «d’un assez bon œil», mais aurait préféré que le gouvernement aille plus loin en appelant entre autres à une réforme majeure de l’assurance-emploi.

On déplore aussi une occasion ratée d’aller chercher des revenus chez les géants du numérique qui «exercent une concurrence déloyale», plaide-t-on. La CSN aurait aussi voulu que le chantier Davie soit officiellement intégré à la Stratégie nationale de construction navale.

À la Centrale des syndicats démocratiques (CSD) on est rassuré de voir Ottawa agir avec prudence et de ne pas précipiter un retour à l’équilibre budgétaire. On est cependant déçu de ne pas voir le fédéral ajouter «de l’eau au moulin» de la santé et de l’éducation.

Évidemment, l’annonce d’un salaire minimum fédéral à 15 $ est qualifiée d’«excellente nouvelle», par la CSD qui espère voir le Québec emboîter le pas.

Des villes satisfaites

L’Union des municipalités du Québec a fait savoir qu’elle accueillait positivement le budget fédéral 2021-2022. Un plan économique qui répond à plusieurs demandes des villes, assure-t-on. On souligne particulièrement la nouvelle cible de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 36 % d’ici 2030.

À la Ville de Montréal, on note que ce budget vient «soutenir la relance verte et inclusive» que veut amorcer la métropole. La place accordée au transport collectif, à l’habitation, au tourisme et à la culture fait partie des points positifs retenus.

La culture en action

Le milieu de la culture n’a surtout pas été épargné par la crise sanitaire et il n’a pas non plus été oublié par la ministre fédérale des Finances.

L’ADISQ a trouvé «plusieurs bonnes nouvelles pour l’industrie de la musique» dans le budget dévoilé lundi. Les sommes prévues notamment pour les festivals et les événements ont fait plaisir au milieu.

Au cinéma, Téléfilm Canada a appris avec enthousiasme que son financement serait bonifié pour une période de trois ans.

Des annonces qui laissent croire que les artistes pourront enfin se remettre à créer et à jouer d’un bout à l’autre du pays.

Laisser un commentaire