Le budget du N.-B. prévoit des dépenses ciblées et affiche un déficit de 192 M $

FREDERICTON – Le nouveau budget du gouvernement libéral du Nouveau-Brunswick mise sur des hausses de dépenses dans des secteurs ciblés plutôt que sur une réduction massive de la dette.

La ministre des Finances, Cathy Rogers, a dévoilé mardi un budget de 9,4 milliards $ qui prévoit notamment une hausse de près de quatre pour cent des dépenses, surtout en santé et en éducation. Elle a estimé que les citoyens souhaitent de saines finances publiques, mais pas au détriment des programmes sociaux.

Les dépenses augmenteront de 3,6 pour cent alors que les recettes fiscales augmenteront de 4,0 pour cent. On prévoit par ailleurs un déficit de 192 millions $, alors que la province doit maintenant inclure dans ses dépenses l’amortissement financier des centres d’hébergement et de soins de longue durée; par contre, le calcul du déficit ne tient plus compte du fonds de prévoyance.

Une hausse de deux points de la taxe de vente, annoncée dans le budget de l’an dernier, a permis depuis au gouvernement du Nouveau-Brunswick de récolter des recettes supplémentaires de 300 millions $.

Le gouvernement libéral de Brian Gallant prévoit atteindre l’équilibre budgétaire d’ici 2020-2021, et la ministre Rogers a soutenu mardi que cet objectif demeure toujours raisonnable.

Par ailleurs, ce troisième budget du gouvernement Gallant n’apporte pas de grands changements en matière fiscale, si ce n’est une légère baisse du taux d’imposition pour les petites entreprises, qui passera de 3,5 à 3,0 pour cent.

Le gouvernement prévoit que la dette totale de la province atteindra 14,4 milliards $ d’ici mars 2018, une hausse de près d’un milliard par rapport à l’an dernier, attribuable notamment à la stratégie d’investissements dans les infrastructures, pour s’harmoniser avec le programme fédéral. Le gouvernement consacrera 701 millions $ au service de la dette, le cinquième plus important poste budgétaire de la province.

Dépenses

Au chapitre des dépenses, le gouvernement veut ajouter 56 millions $ en éducation et doubler le budget d’aide aux parents pour les services de garderie, à compter de janvier prochain. Les libéraux avaient promis en campagne électorale, en 2014, de doubler cette aide d’ici janvier 2018.

Le gouvernement veut par ailleurs consacrer 45 millions $ sur quatre ans pour soutenir les quatre universités publiques, et 7 millions $ par année pour aider les programmes d’alphabétisation. Le budget total de l’éducation passe de 1,14 milliard $ à 1,19 milliard $.

Les coûts des soins de santé ont continué à grimper au Nouveau-Brunswick — de 3,3 pour cent — à cause du vieillissement de la population, mais la ministre Rogers croit que l’entente conclue récemment avec Ottawa sur les transferts fédéraux permettra de combler l’écart. La province investira par ailleurs 58,2 millions $ sur trois ans pour la construction, l’entretien et la rénovation de centres d’hébergement et de soins de longue durée.

La ministre Rogers a d’autre part souligné que la récente crise du verglas pourrait avoir un impact sur le déficit de la province pour 2016-2017.

Le Nouveau-Brunswick a connu une année difficile en 2016, avec la fermeture d’une importante mine de potasse à Sussex et la baisse des exportations. Le gouvernement libéral demeure toutefois optimiste dans ses prévisions économiques, en rappelant que 5300 emplois ont été créés depuis juin.

Le gouvernement Gallant s’était par ailleurs engagé à mettre de l’avant une «taxe sur le carbone», mais le budget ne précise pas les modalités ou le calendrier de cette mesure.