Le BRF souligne un manque de transparence de l’Ontario avec ses fonds de prévoyance

TORONTO — Le gouvernement progressiste-conservateur de l’Ontario ne fait pas preuve de transparence quant à la façon dont il prévoit dépenser de l’argent au cours des prochaines années, a déclaré jeudi l’organisme de surveillance financière de la province. 

Un rapport du Bureau de la responsabilité financière de l’Ontario (BRF) indique que le plan de dépenses actuel du gouvernement contient des manques à gagner en matière de financement des programmes de 40 milliards $ sur six ans, bien qu’il contienne également 44 milliards $ en fonds de prévoyance non alloués. 

Les fonds de prévoyance pourraient être utilisés pour combler ces manques à gagner, mais c’est une façon inhabituelle de budgétiser, a estimé le directeur de la responsabilité financière, Peter Weltman. 

«Nous avons vu d’importants fonds de prévoyance pendant la pandémie, parce que nous ne savions pas — et personne ne savait vraiment — ce qui allait se passer. Il était donc prudent de mettre de l’argent de côté, mais il est inhabituel de mettre autant d’argent de côté maintenant que les choses semblent être stables», a-t-il fait valoir. 

En règle générale, les fonds de prévoyance représentent environ un milliard de dollars par an, et non huit, a souligné M. Weltman. 

«Est-ce une manière transparente de budgétiser? Je n’y crois pas vraiment», a-t-il affirmé. 

Le ministre des Finances, Peter Bethlenfalvy, a déclaré qu’il y avait encore de nombreux facteurs à l’horizon qui nécessitaient de garder de l’argent de côté, comme les effets de la guerre en Ukraine et la hausse des taux d’intérêt. 

«Ce sont des temps très incertains et c’est pourquoi il est toujours prudent de s’assurer que nous avons des fonds de prévoyance en place afin de pouvoir faire face à tout défi que nous pourrions avoir», a-t-il indiqué. 

La porte-parole libérale en matière de finances, Stephanie Bowman, a qualifié la comptabilité du gouvernement de «décevante», sans être étonnante. 

«À mon avis, ils le font parce que cela leur donne l’impression que nous n’avons pas l’argent pour payer aux travailleurs de l’éducation et de la santé l’argent qu’ils méritent», a déclaré Mme Bowman.

Les infirmières, les travailleurs de l’éducation et d’autres employés du secteur public élargi ont demandé au gouvernement d’abroger la loi connue sous le nom de projet de loi 124, qui plafonnait les augmentations de salaire de ces travailleurs à 1 % par an pendant trois ans en 2019.

Divers syndicats ont contesté la législation, qu’ils considèrent comme inconstitutionnelle, et si le tribunal annule la loi et qu’elle est abrogée, a indiqué le BRF dans un rapport le mois dernier, cela pourrait coûter à la province 8,4 milliards $ sur cinq ans, y compris un potentiel de 2,1 milliards $ en paiements rétroactifs. 

Le BRF dit prévoir dans son document des excédents budgétaires dans la province dans un avenir prévisible. 

Le rapport publié jeudi par l’organisme indique qu’une forte croissance des revenus, même si elle devait ralentir par rapport à son rythme actuel, devrait dépasser les dépenses jusqu’en 2027-2028. 

Le BRF prévoit un excédent de 100 millions $ à la fin de cet exercice et un excédent de 8,5 milliards $ en 2027-2028. 

Le ministre des Finances, Peter Bethlenfalvy, a annoncé le mois dernier que l’Ontario avait terminé le dernier exercice financier avec un excédent de 2,1 milliards $, bien loin du déficit de 33 milliards $ prévu dans le budget, grâce à l’inflation et à une économie forte. 

Par ailleurs, les excédents ralentiraient l’accumulation de la dette nette et feraient chuter le ratio de la dette au PIB à 31,5 % en 2027-2028, ce qui serait son niveau le plus bas depuis 2008-2009. 

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