Le Bureau du coroner enquête sur le décès d’un itinérant à Montréal

MONTRÉAL — Le Bureau du coroner enquête sur le décès d’un homme dont le corps a été retrouvé dans une toilette mobile, dimanche matin, à Montréal, près d’un refuge pour sans-abri qu’il fréquentait.

Selon un porte-parole du bureau, la victime est Raphaël André, âgé de 51 ans. L’enquête permettra de déterminer la cause et les circonstances de son décès, a-t-il ajouté.

Dans un message partagé sur Facebook, l’organisme La Porte ouverte a affirmé que M. André, qui portait le surnom «Napa», fréquentait régulièrement le refuge et qu’il était souvent le dernier à quitter l’endroit.

La Porte ouverte fonctionnait 24 heures sur 24, mais une éclosion de COVID-19 à la mi-décembre et un problème de plomberie l’ont forcé à suspendre son service de nuit et à fermer à 21 h 30.

En raison du couvre-feu en vigueur entre 20 h et 5 h, les personnes qui ne se trouvent pas dans des refuges de nuit risquent d’être confrontées à la police si elles sont trouvées à l’extérieur. L’organisme a souligné dans son message que s’il avait été autorisé à rester ouvert pendant la nuit, l’homme n’aurait pas été laissé à l’extérieur dans le froid.

«Lorsque les gens se trouvent dans un endroit sûr sous la surveillance de travailleurs de soutien, de l’aide peut être appelée lorsqu’une personne est en détresse, a déclaré le refuge. Au lieu de cela, il est décédé tragiquement dans des toilettes portables.  Cela doit changer.» Un porte-parole du refuge n’a pas donné suite à une demande d’entrevue de La Presse Canadienne.

La santé publique de Montréal a déclaré dans un communiqué qu’elle avait émis la recommandation, le 12 janvier, de rouvrir la halte-chaleur de l’organisme. Le centre intégré de santé et de services sociaux (CIUSSS) du secteur a indiqué que le refuge pourra rouvrir la nuit une fois que certains critères seront respectés.

Selon le CIUSSS, une liste de 13 recommandations a été soumise à la direction et au conseil d’administration de La Porte ouverte afin de prévenir de futures épidémies et de protéger la clientèle et le personnel du refuge

La communauté des sans-abri de la Ville a été confrontée à de nombreuses éclosions, alimentées par un taux élevé de transmission communautaire. Un plan des responsables locaux de la santé pour vacciner les sans-abri s’est amorcé vendredi.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a offert ses condoléances et a affirmé que la Ville travaillerait pour s’assurer que la halte-chaleur de l’organisme puisse rouvrir le plus tôt possible en tout respect des mesures sanitaires.

«Ce décès en est un de trop. Il rappelle la réalité crue des personnes vulnérables qui se retrouvent dans la rue et réaffirme tristement l’urgence de mettre à leur disposition des refuges et des ressources adaptées à leurs besoins, dont des logements sociaux, notamment pour les populations autochtones», a-t-elle écrit sur les réseaux sociaux.

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