Le Bureau du coroner ouvre à son tour une enquête sur les décès au CHSLD Herron

MONTRÉAL — Le Bureau du coroner annonce à son tour l’ouverture d’une enquête sur les dizaines de décès survenus au centre de soins de longue durée Herron, à Dorval.

Depuis le 13 mars, 31 des 150 résidents de ce CHSLD privé non conventionné sont décédés. Au moins cinq de ces morts sont attribuables à la COVID-19, mais ce portrait pourrait évoluer.

Le mandat de l’enquête a été confié à la coroner Géhane Kamel.

Par voie communiqué, le Bureau du coroner précise que ses membres interviennent dans les cas de décès violents, obscurs ou qui pourraient être survenus par suite de négligence.

La coroner doit déterminer la cause et les circonstances des décès, en plus de formuler des recommandations visant à éviter d’autres drames.

Deux autres enquêtes sont déjà en cours, l’une par le ministère de la Santé et l’autre de nature criminelle. Le Service de police de la Ville de Montréal a confirmé que sa division des crimes majeurs a pris en main le dossier à la demande de la Sécurité publique.

Le CHSLD Herron a été mis sous tutelle par le CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal. L’établissement représentait déjà un cas préoccupant bien avant l’épidémie du nouveau coronavirus. Un rapport d’inspection accablant avait notamment été rédigé en 2017 par la protectrice du citoyen.

En conférence de presse, samedi après-midi, la présidente-directrice générale du CIUSSS, Lynne McVey, a expliqué que le manque de personnel dans l’établissement a été constaté le 29 mars.

Les autorités de santé ont découvert des problèmes d’hygiène graves nécessitant que du personnel intervienne pour laver, nourrir et changer des résidents.

Un manque de collaboration de la part de la direction du CHSLD Herron aurait nui aux efforts du CIUSSS qui n’aurait eu accès aux dossiers médicaux que dix jours plus tard, soit le 8 avril.

Le Groupe Katasa, propriétaire de la résidence Herron, n’a pas répondu aux demandes de commentaires de La Presse canadienne. D’autres établissements appartenant au même groupe doivent également être visitées par des inspecteurs du réseau de la santé.

Par ailleurs, Québec a annoncé une vaste opération d’inspections dans l’ensemble des CHSLD privés non conventionnés de la province.

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