Le cabinet libéral se prépare à la rentrée — et à l’arrivée d’un chef conservateur

OTTAWA — Le premier ministre Justin Trudeau et son cabinet amorcent mardi à Vancouver une retraite de trois jours pour se préparer à la rentrée parlementaire d’automne, à l’arrivée d’un nouveau chef conservateur et aux problèmes persistants de la COVID-19 et de l’inflation.

Justin Trudeau a indiqué que le coût de la vie sera inscrit bien haut sur sa liste de priorités alors que les Canadiens ont de plus en plus de mal à payer leurs factures et que l’inflation continue de faire des ravages dans les comptes de banque.

La semaine dernière, M. Trudeau avait déclaré que l’économie canadienne s’était rapidement remise de la pandémie avec un taux de chômage à un seuil record de 4,9 % en juin et en juillet, mais il promet tout de même d’autres mesures d’aide. Il a mentionné qu’il fallait continuer de soutenir les gens les plus vulnérables tout en demeurant prudent pour ne pas alimenter l’inflation.

Un taux de chômage aussi faible indique clairement que l’économie canadienne doit affronter un autre défi majeur en ce moment, soit une pénurie de main-d’œuvre.

Cofondateur de la firme de communication Bluesky Strategy Group, Tim Barber estime que le cabinet devra bien trouver un moyen de démontrer aux Canadiens sa compétence en apportant des solutions au problème de pénurie de main-d’œuvre qui affecte tous les secteurs, des manufacturiers de planchers aux cuisines des restaurants, en passant par le transport scolaire et les urgences.

«Je dirais qu’il s’agit de la cause de beaucoup de nos maux en ce moment», a mentionné M. Barber.

Les libéraux hésitent à injecter plus d’argent dans l’économie afin d’aider les gens qui souffrent de la hausse du coût de la vie. Le gouvernement craint de stimuler davantage la consommation, entraînant une augmentation de la demande et ultimement une pression à la hausse encore plus forte sur les prix.

Jusqu’ici, le premier ministre et sa ministre des Finances Chrystia Freeland disent miser sur les programmes sociaux, dont les allocations fédérales qui devaient bénéficier d’une hausse bien avant le début de la crise inflationniste.

Plusieurs autres pays au sein du G7 sont passés à l’action dès le printemps dernier pour atténuer la forte hausse des coûts de l’énergie en offrant des rabais ou des chèques pour compenser les hausses de prix. Des provinces canadiennes ont aussi adopté ces pratiques, comme l’Alberta, l’Ontario et Terre-Neuve-et-Labrador qui ont rogné sur leur taxe sur l’essence. La Saskatchewan a opté pour un chèque de 500 $ qui doit être envoyé à chacun des adultes de la province cet automne.

Le fédéral ne veut pas réduire sa taxe sur l’essence puisque cela viendrait contredire sa stratégie verte qui vise une hausse progressive du prix du carburant dans le but d’encourager les choix de transport plus verts.

Poilievre

L’inflation constitue l’un des chevaux de bataille du favori dans la course à la direction du Parti conservateur, Pierre Poilievre. Le PCC doit d’ailleurs annoncer l’identité de son nouveau chef ce week-end.

M. Poilievre se plaît à blâmer directement Justin Trudeau pour la hausse de tous les coûts allant du logement au chauffage en passant par l’épicerie et les fournitures scolaires.

La réunion stratégique du cabinet va sans doute inclure des échanges sur la manière de s’adapter à une opposition officielle qui serait dirigée par Pierre Poilievre.

L’entente avec le NPD

Par ailleurs, les libéraux n’ont plus que quelques mois pour concrétiser ce qu’ils avaient promis aux néo-démocrates de Jagmeet Singh dans le cadre de leur «entente de soutien et de confiance»: on attend d’ici Noël un tout nouveau programme national de soins dentaires pour les plus démunis et de meilleures allocations de logement.

Le gouvernement libéral clôt cette semaine ce qui aura été l’été le plus «normal» depuis le début de la pandémie. 

Mais cet été relativement paisible a aussi apporté son lot de nouveaux problèmes et soulevé des questions sur les compétences de gestion du gouvernement fédéral, notamment sur les longues files d’attente dans les aéroports et la lourdeur dans la délivrance des passeports et visas.

Les membres du cabinet libéral devraient également avoir cette semaine à Vancouver des conversations animées sur leurs propres besoins en matière de sécurité personnelle, face à une recrudescence des gestes d’intimidation en personne et des menaces en ligne que subissent certains et certaines ministres depuis quelques mois.

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