Le camp conservateur connaît une avant-dernière journée de campagne difficile

Le camp conservateur a connu samedi une avant-dernière journée de campagne plutôt difficile.

Son chef Andrew Scheer a dû composer avec les révélations de certains médias voulant que les conservateurs aient engagé la firme de consultants en communications politiques Daisy Group pour élaborer un plan dépeignant les partisans du Parti populaire (PPC) comme des êtres racistes. Cette «campagne de salissage» devait surtout se dérouler sur les médias sociaux.

En conférence de presse, M. Scheer a refusé de confirmer si, oui ou non, son parti était derrière cette manoeuvre de salissage malgré l’insistance des journalistes. Il ne l’a pas nié non plus.

«Nous n’offrons pas de commentaires sur les contrats qu’on a ou on n’a pas [octroyés]», s’est borné à répéter M. Scheer, ajoutant qu’il s’agit là de la politique de son parti.

Le chef du PPC Maxime Bernier a rapidement dénoncé les conservateurs en les accusant d’être prêts à «n’importe quoi» pour accéder au pouvoir.

«C’est une atteinte à l’intégrité de notre processus démocratique», a-t-il déclaré en conférence de presse, samedi après-midi.

Il a profité de l’occasion pour demander si Daisy Group était derrière d’autres actes malveillants dont il dit que son parti a été victime.

«Qui a orchestré la venue d’un candidat rhinocéros du même nom que moi en Beauce? Est-ce que ça faisait partie de la campagne de salissage du parti conservateur?», a lancé M. Bernier.

Une province comme les autres

Puis, M. Scheer a semblé contredire ses récentes déclarations de bonne volonté envers le Québec en affirmant que la province n’aura pas droit à un traitement spécial et sera traitée comme toutes les autres provinces.

Le chef conservateur a dit qu’il offrira aux Québécois le même traitement que tous les autres Canadiens pour des projets qui visent à unifier le pays à son avis. Le Québec ne ferait pas exception à son projet de corridor énergétique qui permettrait le passage d’oléoducs sur son territoire.

«Je rejette la notion que, de quelque façon que ce soit, une province est traitée différemment sous une plateforme conservatrice», a répondu M. Scheer en anglais.

Lors de deux arrêts au Québec cette semaine, il avait répété aux Québécois qu’ils sont «maîtres» chez eux et a promis mer et monde au gouvernement du Québec pour satisfaire des demandes bien spécifiques, comme plus de pouvoirs en immigration ou une déclaration des revenus unique gérée par la province. Il a toujours d’intention d’aller de l’avant avec ces promesses, qui ne constituent pas un traitement de faveur selon lui.

Un autre appel au Québec

Le chef libéral Justin Trudeau a choisi d’interpeller deux fois plutôt qu’une les électeurs québécois pendant qu’il menait campagne en Ontario.

Refusant de s’avancer sur le scénario de plus en plus probable d’un gouvernement minoritaire, Justin Trudeau a continué de répéter comme un mantra qu’il faut élire «un gouvernement progressiste et non une opposition progressiste».

«Je veux parler en tant que Québécois directement aux Québécois, a-t-il lancé. Est-ce qu’on choisit d’avancer avec un gouvernement avec des Québécois forts comme Steven Guilbeault (…) ? Ou est-ce qu’on choisit d’être en opposition, pour avoir peut-être une voix forte, mais pas une voix qui porte à travers le pays, à travers le monde», a demandé M.Trudeau.

Justin Trudeau a lancé le même appel lors d’un rassemblement à Milton en après-midi.

«Ça prend des Québécois, ça prend des Canadiens progressistes dans l’action, pas dans l’opposition», a-t-il réitéré, en citant la lutte contre les changements climatiques ainsi que la défense des droits des femmes et des communautés francophones minoritaires comme exemples de valeurs québécoises.

Logements sociaux

Le chef du NPD Jagmeet Singh a reconnu que son projet de construire 500 000 logements abordables est ambitieux, mais il estime que le Canada en a présentement bien besoin.

Les néo-démocrates prévoient compléter ce programme d’ici dix ans. La moitié de ce nombre sera construite en cinq ans.

Selon eux, ce projet nécessiterait une dépense de 5 milliards $ au cours de la première année et de 3 milliards $ au cours des années ultérieures.

De passage à Vancouver, où la question de l’accessibilité au logement est un enjeu important, M. Singh a dit que tout programme dans ce secteur doit été ambitieux en raison de la crise actuelle. Il a ajouté qu’en situation de crise, le temps n’était pas aux demi-mesures.

Par ailleurs, le chef du Bloc québécois a amorcé sa journée à Longueuil avant de se diriger vers Sherbrooke, où il a réclamé l’abolition de la TPS pour les livres, et Granby. Elizabeth May, du Parti vert, participe à un grand rassemblement de son parti à Vancouver.

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