Le camp Trump poursuit son combat judiciaire envers et contre tous

Les collaborateurs du président Donald Trump ont repris lundi leur combat judiciaire pour tenter de faire cesser le décompte des voix dans certains États stratégiques, notamment la Pennsylvanie et le Michigan, mais sont confrontés à des difficultés de plus en plus grandes. Le décompte des votes du collège électoral joue contre eux et de récentes décisions de justice n’ont reconnu aucune preuve de fraude électorale généralisée.

Alors que certains responsables républicains ont repris à leur compte la prétention de M. Trump selon laquelle seuls les «votes légaux» devaient être comptés, d’autres se sont levés pour contester ces allégations et exhorter les électeurs, voire le président, à accepter les résultats.

«Le processus électoral n’a pas échoué dans notre pays depuis plus de 200 ans, et il n’échouera pas cette année», a ainsi déclaré la sénatrice républicaine Susan Collins du Maine, qui a été réélue et a félicité Joe Biden pour sa victoire.

Pourtant, les avocats de M. Trump continuent de mener leur combat six jours après les élections, comme son avocat personnel Rudy Giuliani avait promis de le faire lors d’une conférence de presse surréaliste au cours du week-end devant un centre d’aménagement paysager du nord-est de Philadelphie.

M. Giuliani a qualifié d’«extrêmement troublant» le décompte des voix dans cette ville, où M. Biden a obtenu environ quatre fois plus de votes que M. Trump.

Dans tout le pays, des républicains se sont plaints de problèmes liés aux signatures, aux enveloppes secrètes et au cachet postal sur les bulletins de vote par correspondance, de l’incapacité de leurs observateurs à les examiner et des prolongations accordées pour l’arrivée des bulletins de vote par la poste.

Cependant, des juges ont largement rejeté ces contestations des républicains au cours de la semaine dernière alors que le camp Trump tentait de faire interrompre le décompte des voix, qui penchait de plus en plus en faveur de M. Biden. M. Trump n’a pas encore reconnu officiellement sa défaite.

En Cour suprême

Dix procureurs généraux républicains ont déposé lundi devant la Cour suprême un mémoire pour soutenir une contestation de la décision de la Pennsylvanie de compter les bulletins de vote par la poste arrivés jusqu’à vendredi dernier. La plus haute juridiction de la Pennsylvanie avait confirmé à l’unanimité la prolongation de trois jours fixée par les responsables de l’État, préoccupés par les retards du service postal et la pandémie de COVID-19. Les procureurs généraux font valoir que le tribunal a usurpé un pouvoir réservé aux législateurs de l’État.

Plus tôt lundi, un centre juridique antiavortement du Michigan a porté plainte contre les procédures de dépouillement des votes dans le comté de Wayne. La Cour d’appel du Michigan, quant à elle, a demandé à l’équipe Trump de redéposer un dossier soumis la semaine dernière, affirmant qu’il était incomplet.

Et en Arizona, l’équipe Trump a déposé une plainte samedi pour demander le droit d’inspecter des milliers de bulletins de vote déposés le jour du scrutin dans la région de Phoenix, alléguant que les scrutateurs les avaient mal gérés.

En Géorgie, où le gagnant n’a pas encore été déclaré bien que M. Biden dispose d’une petite avance sur M. Trump, un responsable des élections de l’État s’est engagé lundi à enquêter sur tout problème qu’il trouverait en lien avec le scrutin.

«Lorsque les marges sont aussi serrées, chaque petit détail compte», a déclaré Gabriel Sterling, qui a dirigé la mise en œuvre par l’État d’un nouveau système de vote.

Il a néanmoins exprimé sa frustration face aux efforts visant à ébranler la confiance du public dans le système électoral. «Les faits sont les faits, quels que soient les résultats», a souligné M. Sterling.

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