Le Canada a envoyé trois véhicules blindés supplémentaires en Haïti

OTTAWA — Le Canada a envoyé mercreditrois véhicules blindés supplémentaires en Haïti, où la crise politique et sécuritaire perdure depuis des mois.

Les ministres des Affaires étrangères et de la Défense nationale, Mélanie Joly et Anita Anand, ont fait l’annonce de l’envoi par voie de communiqué. Le nombre de véhicules envoyéset achetés par le gouvernement haïtien n’y est pas précisé.

Une source gouvernementale a toutefois indiqué à La Presse Canadienne sous le couvert de l’anonymat, car n’étant pas autorisée à discuter de cette question avec les médias, que deux véhicules du même type ont été acheminés, de même qu’un troisième qui est différent.

Le communiqué de presse souligne que cet envoi vise à répondre à une demande formulée par Haïti. On y précise que l’acheminement est fait au moyen d’un avion militaire canadien qui est arrivé à Port-au-Prince.

Les véhicules blindés seront transférés au directeur général de la Police nationale d’Haïti, a fait savoir Ottawa.

Le gouvernement de Justin Trudeau espère que cet envoi aidera dans la lutte contre les violences perpétrées par des gangs à l’endroit de la population haïtienne.

«La livraison de ces véhicules blindés achetés par le gouvernement haïtien contribuera aux efforts déployés par la Police nationale d’Haïti pour offrir une aide humanitaire essentielle et empêcher d’autres actes criminels de violence», a déclaré dans le communiqué la ministre Anand.

Le peuple haïtien est confronté, depuis les derniers mois, à une nouvelle vague de violences par des bandes armées, dont les membres perpètrent des viols répétés et des blocages empêchant la population de recevoir des services essentiels.

En plus des enjeux criants de sécurité, le pays est actuellement confronté à une éclosion de choléra et à de l’insécurité alimentaire.

Ottawa a sanctionné des membres de l’élite haïtienne qu’il considère comme étant responsables ou complices des violences subies par la population en Haïti. Washington est aussi allé de l’avant avec un régime de sanctions.

Comme le réitère le gouvernement Trudeau dans son communiqué de mercredi, le Canada envisage d’autres types d’actions pour venir en aide au peuple haïtien.

«Nous avons clairement déclaré que le Canada n’allait pas rester les bras croisés alors que les gangs et leurs partisans continuent de terroriser en toute impunité les populations vulnérables en Haïti», a soutenu Mme Joly dans le même communiqué.

Le premier ministre non élu Ariel Henry a réclamé une intervention militaire étrangère, demande appuyée par le secrétaire général des Nations unies, mais désapprouvée par bien des Haïtiens.

Le gouvernement canadien a exprimé à maintes reprises qu’il souhaite s’assurer de l’atteinte d’un consensus politique avant d’aller de l’avant avec toute forme d’intervention. Le premier ministre Justin Trudeau a aussi insisté sur l’intention d’éviter les erreurs du passé, au chapitre de l’implication internationale en Haïti.

Questionné sur ce dossier durant un point de presse à Mexico, M. Trudeau a souligné qu’Ottawa misait jusqu’à présent sur les sanctions en place et sur les efforts afin que les Haïtiens aient accès à de la nourriture, à de l’eau potable, à des médicaments et à du carburant.

«Nous savons tous qu’il y a toujours une possibilité que ça s’améliore, mais aussi que ça dégringole, que la situation s’empire, et, à ce niveau-là, on est en train de discuter avec nos partenaires dans les Caraïbes, mais aussi des États-Unis et d’autres (pays) sur quel genre de scénario et quel genre d’intervention pourrait un jour être nécessaire», a-t-il dit.

M. Trudeau concluait mercredi un séjour dans la capitale mexicaine au cours duquel il s’est entretenu avec le président du Mexique Andrés Manuel López Obrador et le président américain Joe Biden.

«Nous espérons que le travail qu’on est en train de faire avec des sanctions, avec de l’appui pour la police nationale haïtienne, avec de l’aide humanitaire, avec des pressions politiques, va continuer d’améliorer petit à petit (…) cette situation tragique», a conclu M. Trudeau.

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