«Le Canada a les démocraties libérales derrière lui», a dit Champagne à la Chine

OTTAWA — Le ministre canadien des Affaires étrangères soutient qu’il a «clairement» rappelé à son homologue chinois, mardi, que le Canada avait les démocraties libérales du monde derrière lui dans le dossier de Michael Kovrig et Michael Spavor.

Lors d’une conférence de presse téléphonique depuis le Liban, jeudi, le ministre François-Philippe Champagne a affirmé qu’il avait profité d’une rencontre inattendue, mardi à Rome, avec son homologue chinois, Wang Yi, pour lui rappeler que «la diplomatie coercitive ne conduirait pas au résultat escompté».

«Ce ne sont pas seulement deux Canadiens qui sont détenus arbitrairement: ce sont deux citoyens d’une démocratie libérale, et toute démocratie libérale dans le monde en est préoccupée», a-t-il dit jeudi. 

Selon M. Champagne, cette rencontre «robuste» de 90 minutes à Rome, qui a porté sur les «deux Michael» et les préoccupations des droits de la personne en Chine, a été organisée par les Affaires étrangères italiennes lorsque le ministre canadien a appris que son homologue chinois se trouvait dans la même ville.

Le lendemain, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères avait soutenu que c’était à Ottawa de faire les premiers pas pour dénouer la crise. «La partie canadienne est bien consciente du noeud du problème. Elle devrait prendre des mesures immédiates et efficaces pour corriger les erreurs et créer les conditions pour que les relations bilatérales reprennent sur la bonne voie», a indiqué Zhao Lijian.

Jeudi, le ministre Champagne a estimé que son homologue Wang «est bien conscient que la communauté internationale est saisie de cette question».

MM. Kovrig et Spavor sont emprisonnés en Chine depuis décembre 2018, dans ce qui est largement considéré comme une mesure de représailles pour l’interpellation par le Canada de la dirigeante de Huawei Meng Wanzhou à l’aéroport de Vancouver, en vertu d’un mandat d’extradition américain.

M. Champagne a demandé à nouveau à M. Wang, mardi, d’autoriser les diplomates canadiens à visiter les deux détenus, un accès qui leur est refusé depuis le début de l’année. Pékin soutient qu’elle ne peut autoriser l’accès à ses prisons pendant la pandémie de COVID-19.

«Je lui ai rappelé que le Canada insistera toujours pour avoir un accès consulaire à la fois à Michael Kovrig et à Michael Spavor, et que nous attendons d’eux qu’ils respectent l’esprit et la lettre de la Convention de Vienne», a déclaré M. Champagne jeudi.

Selon un compte-rendu de la rencontre inopinée de mardi à Rome, le ministre aurait aussi demandé à Pékin «d’accorder la clémence à tous les Canadiens qui risquent la peine de mort en Chine». Depuis l’arrestation de Mme Meng le 1er décembre 2018, quatre Canadiens reconnus coupables dans des affaires de drogue ont été condamnés à mort en Chine.

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