Le Canada a-t-il raté sa chance d’interdire des composés chimiques toxiques?

OTTAWA — Le gouvernement fédéral a raté l’occasion de protéger les Canadiens de produits chimiques qui peuvent avoir des effets nocifs sur le comportement et la fertilité, signale un groupe écologiste.

Environnement et Changement climatique Canada a annoncé vendredi qu’aucun des phtalates étudiés par le ministère ne posait un risque pour la santé humaine et que les conséquences environnementales d’un seul type requièrent un examen plus approfondi.

Les phtalates rendent le plastique plus flexible et sont également employés comme solvants. On les retrouve dans des centaines de produits comme des contenants pour aliments, des jouets pour enfants, des détergents et des produits d’hygiène personnelle tels que le maquillage et les shampoings.

Muhannad Malas, de l’organisation Environmental Defence, souligne que l’Union européenne est parvenue à la conclusion qu’au moins quatre phtalates présentent un danger pour la santé. Le chercheur juge ahurissant que le Canada ne soit pas arrivé au même résultat.

Il souligne qu’en Europe, il revient aux fabricants de démontrer que leurs produits sont sûrs pour que leur utilisation ne soit pas interdite ou restreinte, tandis que la charge de la preuve est renversée au Canada.

Il est temps de moderniser la loi canadienne, croit M. Malas.

En juin, le Comité de l’environnement de la Chambre des communes a formulé des dizaines de recommandations pour revoir la Loi canadienne sur la protection de l’environnement, qui régit l’utilisation de produits chimiques.

L’une de ces recommandations était justement d’imiter ce mécanisme européen.

La ministre de l’Environnement, Catherine McKenna, qui avait jusqu’à vendredi pour réagir au rapport du comité, a annoncé que le gouvernement se penche sur ces recommandations et dévoilera son plan d’ici juin 2018.

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