Ottawa veut contribuer aux liens hydroélectriques entre les provinces, dit Carr

WINNIPEG — Le Canada évalue la transition vers un avenir sans carburants fossiles et s’attarde à augmenter la capacité pour l’énergie solaire, l’éolien et les liens hydroélectriques entre les provinces, a affirmé mercredi le ministre des Ressources naturelles, Jim Carr.

M. Carr est l’hôte d’une conférence de deux jours à Winnipeg portant sur l’avenir du secteur énergétique canadien, appelée Génération Énergie, au cours de laquelle des experts ont affirmé que les carburants fossiles devront être éliminés graduellement d’ici le milieu du siècle si les pays développés veulent s’approcher des cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre en vertu de l’accord de Paris sur le climat.

«Je suis d’accord pour dire que nous sommes en transition. Il y aura une discussion, entre ceux qui font des prévisions, quant à la vitesse de cette transition», a dit le ministre à la suite d’une rencontre en comité en matinée.

«Le calendrier qui a été évoqué ce matin est de 30 ans, 40 ans, milieu du siècle, ou 50 ans — ce qui donne au Canada et aux autres pays dans le monde une idée de la manière dont la transition se déroulera et à quel rythme», a-t-il ajouté.

M. Carr a affirmé que les entreprises énergétiques pouvaient considérer les carburants fossiles comme faisant partie de leurs activités traditionnelles, tout en développant de nouvelles sources d’énergie.

Lors de la conférence, les participants ont pu entendre que les investissements dans les énergies renouvelables à travers le monde avaient augmenté considérablement et que les coûts de la production solaire avaient chuté dans plusieurs secteurs de l’Europe et d’autres régions.

«Au cours des trois dernières années, les coûts de l’énergie solaire ont été réduits de moitié», a indiqué Fatih Birol, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), une organisation créée durant la crise du pétrole des années 1970 et qui compte 29 pays membres, incluant le Canada et les États-Unis.

«Nous nous attendons dans les trois prochaines années, entre 2017 et 2020, à une autre réduction de moitié», a-t-il précisé.

M. Birol a affirmé que le Canada en avait fait déjà beaucoup pour les énergies propres et renouvelables en renforçant sa capacité hydroélectrique et qu’il y a désormais beaucoup plus de marge de manoeuvre pour des améliorations dans les énergies solaires et éoliennes.

Construire des lignes de transmission

M. Carr a affirmé qu’il y aurait un développement de la capacité dans les énergies solaires et éoliennes, mais qu’il y avait aussi un intérêt fédéral dans l’aide à la construction de lignes de transmission afin que les provinces riches en hydroélectricité puissent exporter vers d’autres provinces et des régions des États-Unis.

«Nous sommes très intéressés par les liens hydroélectriques entre les provinces. Nous avons discuté de cela avec nos partenaires provinciaux depuis deux ans maintenant», a dit M. Carr.

«Nous cherchons à travailler avec les provinces pour déterminer ce qui est possible selon leur perspective et bâtir en fonction du rythme avec lequel sont à l’aise nos partenaires provinciaux», a ajouté le ministre.

En entrevue, un porte-parole d’Hydro-Québec a indiqué que la société était d’accord avec l’«objectif mentionné, qui est d’accroître les échanges d’énergie avec les provinces», tout en ajoutant qu’Hydro-Québec avait toujours financé ses propres projets.

«On a conclu une entente avec l’Ontario, et on est en mode d’accroître nos exportations sur l’ensemble de nos marchés externes, que ce soit le Nouveau-Brunswick, l’Ontario et évidemment la Nouvelle-Angleterre et New York du côté des États-Unis», a indiqué Serge Abergel, chef médias et affaires publiques à la société d’État.

«Par contre, de notre côté, on finance nos propres projets, nos propres interconnexions. C’est ce qu’on a toujours fait. C’est une façon de faire qui nous a bien servi jusqu’à maintenant. (…) Oui, les interconnexions avec le Nouveau-Brunswick et l’Ontario sont adéquates pour livrer et recevoir de l’énergie en ce moment, et en faire même plus en termes d’exportations, mais ce qui est important pour nous, c’est toujours de travailler dans le respect des règles commerciales qui sont applicables sur l’ensemble de nos marchés d’exportation, incluant les États-Unis», a ajouté M. Abergel, sans donner plus de détails.

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