Le Canada convoque le Groupe de Lima pour tenter de dénouer l’impasse au Venezuela

OTTAWA — Le Canada convoque une réunion de ses partenaires du Groupe de Lima la semaine prochaine pour essayer de donner un nouvel élan à leurs efforts pour instaurer la démocratie au Venezuela.

Le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, présidera jeudi à Gatineau la réunion avec ses homologues de la coalition regroupant plusieurs pays du continent américain — les États-Unis n’en font pas partie.

Le leader de l’opposition vénézuélienne, Juan Guaido, ne devrait pas assister à la réunion. Il vient de rentrer au Venezuela après une longue tournée qui l’a mené au Canada, aux États-Unis et en Europe, où il a rallié des appuis à ses efforts pour évincer le président Nicolas Maduro.

Le Canada et des dizaines d’autres pays reconnaissent M. Guaido comme le dirigeant légitime du Venezuela et considèrent M. Maduro comme un dictateur qui a volé la dernière élection présidentielle de son pays.

Les forces armées fidèles à Nicolas Maduro ont empêché les membres élus de l’Assemblée nationale du Venezuela d’entrer dans l’établissement le mois dernier, dans le cadre d’une tentative de remplacer M. Guaido en tant que président de l’Assemblée par un élu plus proche de M. Maduro.

M. Guaido a reçu un accueil enthousiaste mardi lors d’un discours sur la place principale de Caracas après sa tournée internationale. Il a dit à ses partisans qu’il avait le soutien du «monde libre» pour reprendre le pays en leur nom.

La dernière fois que le Canada a accueilli le Groupe de Lima il y a un an à Ottawa, la coalition avait publié une déclaration appelant les militaires vénézuéliens à changer d’allégeance et à soutenir M. Guaido.

Cela ne s’est jamais concrétisé et des Vénézuéliens désillusionnés quittent désormais le pays en nombre record. L’ONU estime que six millions de Vénézuéliens supplémentaires quitteront leur pays d’ici la fin de l’année, alors que les systèmes économique, sanitaire et éducatif du Venezuela s’effrondrent — une crise largement imputée à la corruption du gouvernement Maduro.

Lors de la réunion de la semaine prochaine, la tâche principale du Groupe de Lima devrait être de passer à une stratégie à long terme pour soutenir le Venezuela et alléger les souffrances humanitaires de son peuple, selon Ben Rowswell, ancien ambassadeur du Canada dans ce pays sud-américain riche en pétrole autrefois prospère.

«Il s’agit maintenant d’un État défaillant où le gouvernement Maduro ne contrôle clairement pas beaucoup ce qui se passe sur son propre territoire, et c’est pourquoi M. Guaido est toujours un homme libre un an après être devenu un président rival», a affirmé M. Rowswell, maintenant président du Conseil international du Canada, un groupe de réflexion.

S’attarder à la crise humanitaire

Le groupe doit trouver des moyens d’obtenir l’appui des pays qui soutiennent toujours le gouvernement Maduro, comme Cuba. Selon M. Rowswell, cela peut être fait s’il y a un effort concerté pour se concentrer sur la résolution de la crise humanitaire au Venezuela.

«Ce genre de conversation peut se cristalliser en une nouvelle coalition internationale plus large avec l’impératif de répondre aux besoins humanitaires comme objectif central. Cela n’exclut pas un changement politique», a-t-il déclaré.

Bien que ce changement politique puisse sembler au point mort, M. Rowswell fait valoir que le soutien généralisé que M. Guaido a recueilli lors de sa tournée internationale — y compris l’accueil enthousiaste qu’il a reçu au Canada — et le fait qu’il soit rentré au Venezuela sans complications créent de nouvelles occasions.

«M. Guaido a repris son élan avec sa propre population et au niveau international avec sa tournée réussie», a-t-il souligné. M. Guaido a réussi à ramener ce soutien au pays «et à démontrer une fois de plus la faiblesse du régime de Maduro».

La plus grande réalisation de la réunion du Groupe de Lima de l’an dernier à Ottawa a été une déclaration énergique affirmant qu’une force militaire extérieure, notamment des États-Unis, n’était pas une option pour déloger Nicolas Maduro du pouvoir, a rappelé M. Rowswell.

Le Groupe de Lima est composé de l’Argentine, du Brésil, du Canada, du Chili, de la Colombie, du Costa Rica, du Guatemala, du Honduras, du Paraguay, du Pérou et du Venezuela.

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