Le Canada devrait s’engager plus à aider à combattre certaines maladies

MONTRÉAL — Des groupes espèrent que le Canada profitera d’une prochaine conférence internationale sur le sida qui se déroulera à Montréal pour s’engager plus fermement à financer une organisation mondiale qui combat cette maladie, la tuberculose et le paludisme.

Élise Legault, la directrice canadienne de ONE Campaign, dit que son organisation souhaite que le Canada offre un financement de 1,2 milliard $ au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme au cours de la conférence qui s’ouvrira le 29 juillet.

«Grâce à cet investissement, le Canada, à l’instar d’autres pays, contribuerait à sauver 20 millions de personnes au cours des prochaines années. La possibilité que le premier ministre [Trudeau] ne profite pas de cette occasion nous inquiète», déclare-t-elle.

Mme Legault soutient que le Fonds mondial, qui subventionne des ministères de la Santé et des organisations non gouvernementales qui luttent contre ces trois maladies, a contribué à sauver environ 44 millions de vies humaines au cours des 20 dernières années.

Le Canada est l’un des principaux bienfaiteurs du Fonds. Il lui a remis plus de 4 milliards $ depuis 2002.

Chris Dendys, directrice générale du groupe Résultats Canada, dit que son groupe «exerce aussi des pressions» pour une contribution fédérale de 1,2 milliard. «C’est le montant dont le Fonds mondial dit avoir besoin — le strict minimum».

«Nous entendons dire que notre demande a causé un choc, ce qui est malheureux étant donné l’occasion pour le Canada de créer un impact et de s’imposer sur la scène mondiale pendant que le reste de la planète observe», souligne Mme Dendys.

Le Fonds mondial demande aux donateurs étatiques un financement de 18 milliards $ au cours des trois prochaines années, une augmentation d’environ 30 % par rapport à l’aide réclamée il y a trois ans. L’organisation dit avoir besoin de plus d’argent pour rattraper les «gains durement acquis [qui] ont été perdus en raison de la pandémie de COVID‑19».

La pandémie a perturbé les services de soins, notamment ceux qui combattent le sida, la tuberculose et le paludisme, dit Mme Legault.

«Quand la pandémie a frappé, nous avons laissé ces maladies tueuses reprendre l’initiative. Les décès dus à la tuberculose et au paludisme ont augmenté pour la première fois depuis plusieurs années. Si on n’endigue pas cette tendance, ce serait le pire héritage de la COVID. Nous sommes vraiment préoccupés par ce recul.»

Selon elle, les 1,2 milliard $ réclamés au gouvernement canadien sont «une part équitable» de l’objectif de 18 milliards visés par le Fonds mondial. Cette somme représente une hausse de 30 % de la précédente contribution canadienne de 930,4 millions $ en 2019.

Mme Denys rappelle que M. Trudeau a souvent joué le rôle de chef de file pour encourager les autres nations à contribuer au Fonds mondial. Les autres pays attendent de voir ce que le Canada va faire.

«Cela ne concerne pas uniquement l’engagement du Canada. L’enjeu est vraiment important. Il faut convaincre les autres donateurs à contribuer et de le faire à un niveau qui permettra de faire la différence. Si nous n’atteignons pas l’objectif, nous creusons un trou dans lequel les autres donateurs tomberont.»

Une porte-parole du premier ministre a redirigé les questions à ce sujet vers le cabinet du ministre du Développement international, Harjit Sajjan. Lequel a dit ne pas pouvoir y répondre avant la prochaine semaine.

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