Le Canada discute à Bruxelles du renforcement du groupement tactique en Lettonie

OTTAWA — La ministre de la Défense, Anita Anand, a déclaré mercredi qu’elle avait rencontré des alliés à Bruxelles pour discuter du renforcement d’un groupement tactique de l’OTAN en Lettonie, avec des milliers de soldats supplémentaires, alors que l’incertitude plane sur ce que les Forces armées canadiennes peuvent réellement fournir de plus.

La ministre Anand a indiqué lors d’une réunion des ministres de la Défense des pays membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) à Bruxelles, mercredi matin, qu’elle s’était entretenue avec des représentants des autres partenaires présents en Lettonie au sujet de l’ajout de soldats et d’équipements dans ce pays balte.

Mme Anand a par ailleurs annoncé une aide militaire supplémentaire de 47 millions $ pour l’Ukraine, comprenant des vêtements d’hiver, des obus d’artillerie et des caméras de drones spécialisées.

«Nous veillons à ce que tous les alliés acceptent d’engager des ressources et du personnel supplémentaires (en Lettonie), alors que nous passons au stade de brigade, a-t-elle déclaré. Le Canada continuera d’être là pour appuyer la défense et la dissuasion sur le flanc est de l’OTAN.»

Le premier ministre Justin Trudeau avait d’abord annoncé un accord avec la Lettonie, en juin, pour essentiellement doubler la taille du groupement tactique de 2000 soldats que le Canada commande depuis 2016, en transformant ce groupement tactique en brigade. Cet accord était le prolongement d’ententes similaires impliquant sept autres pays d’Europe de l’Est où l’OTAN dispose de groupements tactiques visant à dissuader la menace d’une attaque russe.

Le Canada fournit environ 700 soldats à cette force en Lettonie, qui comprend également des soldats et de l’équipement de 10 autres membres de l’OTAN. Avant l’invasion de l’Ukraine par la Russie, en février, le nombre était de 600 soldats canadiens au sein de ce «Groupement tactique de présence avancée renforcée de l’OTAN en Lettonie».

L’ambassadeur de Lettonie au Canada, Kaspars Ozolins, a déclaré que ces pourparlers en sont encore à leurs débuts, mais qu’ils devraient s’intensifier à mesure que les partenaires détermineront qui contribuera quoi et où. «Ce n’est pas comme un sprint, ça prendra du temps», a-t-il déclaré mercredi en entrevue. 

Les limites du Canada

Même les détails de base, tels que la taille et la structure de la brigade prévue, restent en suspens, bien que l’accord entre Ottawa et Riga inclue certains engagements spécifiques des deux pays.

Pour le Canada, cela comprend l’acquisition et le déploiement d’armes antichars et de systèmes antidrones, de défense aérienne, de munitions et d’explosifs, tout en positionnant des troupes, de l’équipement et des munitions pour intervenir rapidement en Lettonie en cas d’attaque russe.

Le Canada ne dispose que d’armes légères antichars et ne dispose actuellement d’aucun système de défense aérienne, ce qui a été identifié comme une lacune critique dans l’inventaire des Forces armées canadiennes.

Plus important encore, l’armée est actuellement confrontée à une pénurie de personnel si grave que le chef d’état-major de la défense, le général Wayne Eyre, a émis la semaine dernière un ordre radical faisant du recrutement et de la rétention les principales priorités de l’organisation.

Soulignant l’importance de renforcer les forces de l’OTAN en Lettonie, l’ambassadeur Ozolins a déclaré qu’il n’avait entendu aucune préoccupation particulière de la part des responsables canadiens concernant la pénurie de personnel.

Pourtant, il a également reconnu les nombreuses questions qui continuent d’entourer l’éventuelle brigade, qui comprendra des alliés tels que le Danemark, l’Italie et l’Espagne.

L’accord ne dit pas que «tout sera couvert ou fait par les Canadiens», a déclaré M. Ozolins. «Mais nous voudrons voir les Canadiens diriger les efforts vers la mise en œuvre de la déclaration, et quelle est la division du travail au sein du groupement tactique.»

Une autre question en suspens est de savoir combien de soldats supplémentaires de l’OTAN seront déployés en Lettonie de manière permanente. Alors que la Lettonie a demandé des forces permanentes, l’Allemagne a créé un précédent en mettant une brigade en état d’alerte maximale en cas d’attaque russe contre la Lituanie voisine, mais en la gardant chez elle en attendant.

Même sans pénurie de personnel, une telle approche semblerait impossible pour le Canada, compte tenu de son éloignement — ce qui signifie plus de militaires canadiens en Lettonie, ou une forte dépendance à l’égard de ses autres alliés pour intervenir.

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