Le Canada doit améliorer la vie des Autochtones, estime le grand chef Bellegarde

OTTAWA — Le Canada doit investir pour réduire les inégalités dont sont victimes les Autochtones, alors que le pays émerge de la pandémie de COVID-19, a déclaré mardi le chef sortant de l’Assemblée des Premières Nations.

«Ces inégalités amplifient chaque menace et chaque impact de cette pandémie, des risques d’infection jusqu’au stress lié au confinement», a déclaré Perry Bellegarde, dans un discours lors de l’assemblée générale – virtuelle cette année – de l’organisation nationale qu’il dirige depuis 2014.

«Il s’agit d’un gouffre à la fois profond et large. Et il a été creusé par des décennies et des siècles de racisme, de discrimination et d’indifférence», a soutenu le chef national. Ce gouffre refuse également aux Autochtones l’accès à des soins de santé de qualité et oblige les familles à vivre dans des maisons surpeuplées et insalubres, a-t-il ajouté. Or, c’est précisément de cette façon que la pandémie risque d’aggraver les inégalités socio-économiques que subissent les Premières Nations, selon lui.

Selon le chef national, la réconciliation ne se fera pas sans un «changement transformationnel» pour assurer la sécurité des Autochtones, garantir un avenir meilleur à leurs enfants et protéger l’environnement. «Nous devons essayer de remplacer la peur et la méfiance par un objectif commun: bâtir un Canada meilleur, plus fort, plus résilient et plus tolérant», a-t-il dit.

M. Bellegarde, grand chef depuis 2014, a annoncé lundi qu’il ne solliciterait pas un troisième mandat l’année prochaine à la tête de l’organisation nationale qui représente plus de 600 communautés des Premières Nations au Canada — à l’exception des Métis et des Inuits, qui disposent respectivement de leur propre organisation. Jusqu’à l’élection prévue en juillet prochain, le chef sortant veut continuer à se concentrer sur la défense des Autochtones, en cette période critique de pandémie. 

La Déclaration de l’ONU

Lors de son assemblée annuelle, l’APN prévoit d’exhorter le gouvernement libéral fédéral à faire plus pour réduire l’impact disproportionné qu’a la pandémie de COVID-19 sur leurs communautés.

La cheffe régionale pour l’Ontario, RoseAnne Archibald, affirme que la pandémie a durement frappé les communautés des Premières Nations – qui ont longtemps été traitées inéquitablement au Canada, a-t-elle soutenu. Elle estime que le Canada a l’occasion de prendre d’importantes mesures pour améliorer la situation à l’aide de programmes, de services et de financement, tandis que le pays reconstruit son économie.

«Le sous-financement chronique des Premières Nations est (…) très évident quand vous regardez l’état de santé des Autochtones à l’heure actuelle et pourquoi nous avons des taux si élevés de COVID-19», a-t-elle soutenu.

Les chefs devraient discuter, entre autres, de la possibilité qu’ils appuient ou non un projet de loi fédéral présenté cette semaine, qui garantirait que les lois canadiennes respectent la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones. Le premier ministre Justin Trudeau doit d’ailleurs s’adresser à l’assemblée générale, qui devait initialement se tenir à Halifax cet été, mais qui a été repoussée en raison de la pandémie.

La cheffe régionale du Yukon, Kluane Adamek, a indiqué que certaines communautés autochtones ne disposent même pas d’internet à haut débit et que leurs représentants ‘devront participer à l’assemblée annuelle par téléphone. Elle a aussi souligné qu’une résolution appelle à mettre fin à la discrimination fondée sur le genre au sein de l’APN, afin que l’organisme ouvre la marche dans la promotion de l’égalité entre les genres.

On s’attend aussi à ce que l’APN crée un «conseil des anciens combattants des Premières Nations», pour promouvoir, par l’éducation, la reconnaissance des contributions des militaires et des policiers de la Gendarmerie royale du Canada issus des Premières Nations, et pour développer et maintenir une base de données des anciens combattants autochtones. 

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Cet article a été produit avec l’aide financière des Bourses Facebook et La Presse Canadienne pour les nouvelles.

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