Le Canada est prié de renforcer sa présence militaire et diplomatique au Mali

OTTAWA — Le Canada est prié d’accroître sa présence au Mali en procurant une aide militaire pour combattre les rebelles islamistes et en menant des efforts diplomatiques pour rétablir la paix et la réconciliation dans ce pays.

Ces demandes surviennent dans la foulée d’un coup d’État en août qui a porté les militaires au pouvoir. Pendant ce temps, les combats se poursuivent entre diverses factions armées, dont des groupes islamistes.

Il y a plus d’un an, le Canada avait mis fin à sa participation aux opérations de maintien de la paix au Mali. Il n’avait laissé qu’une poignée de militaires afin d’appuyer les efforts des Nations-Unies visant à rétablir la paix et la stabilité.

Des diplomates et un officier supérieur français figurent parmi ceux qui souhaitent une plus grande implication du Canada au Mali.

La France a envoyé des troupes en Afrique occidentale et dans la région subsaharienne afin d’y combattre les groupes djihadistes depuis une tentative de coup d’État en 2012.

Le Canada a apporté du soutien à l’intervention française, notamment en fournissant parfois du transport aérien pour transférer des troupes et de l’équipement dans la région.

Le général de brigade français Cyril Carcy, qui commandait les opérations dans la région jusqu’en août, a remercié le Canada pour sa contribution. Au cours d’un atelier de discussions de l’Institut de la conférence des associations de défense, un organisme établi à Ottawa, il a laissé entendre que des discussions étaient en cours entre le Canada et la France pour une plus grande aide.

Le général Carcy en a profité pour dresser une liste des façons par lesquelles l’armée canadienne pourrait aider les troupes françaises et locales à combattre les groupes terroristes dans la région.

Le Canada pourrait fournir des équipements afin d’aider à retracer et à identifier des groupes islamistes et fournir du ravitaillement aérien aux appareils de combat français.

«Les Canadiens peuvent participer sans nécessairement être présents au Mali sur le plan militaire», a lancé le général Carcy, aujourd’hui l’attaché militaire français aux États-Unis.

La menace croissante représentée par les islamistes a été soulignée par le secrétaire général des Nations-Unies, Antonio Guterres dans plus récent rapport sur le Mali, publié à la fin de septembre.

«Le temps presse, car les conditions de sécurité, la situation humanitaire et celle des droits de la personne continuent de se détériorer, les activités des groupes terroristes redoublant dans le centre et le nord du Mali», écrivait M. Guterres.

Des observateurs internationaux ont exprimé depuis de nombreuses années des inquiétudes au sujet de l’instabilité au Mali qui pourrait s’étendre dans toute cette région africaine, permettant à des groupes terroristes d’établir des bases d’opérations.

Certains experts croient que le Canada s’est retiré du Mali, c’est à cause d’un manque de volonté politique et d’intérêt, malgré les opérations de maintien de la paix et l’aide de plusieurs centaines de millions de dollars apportés au pays depuis nombre d’années.

L’ancienne ambassadrice canadienne au Mali, Isabelle Roy, qui participait à l’atelier de discussions avec le général Carcy, a prêté sa voix à ces inquiétudes. Elle a exhorté le Canada à «être plus présent» dans ce pays, notamment en participant aux discussions diplomatiques visant à rétablir la paix.

«Le Canada peut en faire plus sur le plan de la médiation, comme nous l’avions fait pendant la période de transition en 1991, comme nous continuions de le faire dans le nord du Mali», a-t-elle déclaré.

L’envoyé spécial français pour le Sahel a indiqué que son pays considérait le Canada comme un important partenaire dans la région.

«Bien sûr, j’espère toujours que le Canada en fera plus, a noté Frédéric Bontems. Le Canada est déjà très présent sur le terrain.»

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