Le Canada et la Chine ont mis de côté leurs différends pour le bien de la COP15

OTTAWA — Si un accord international a pu être conclu lundi à la COP15 sur la biodiversité, au Palais des congrès de Montréal, c’est en partie parce que le Canada et la Chine ont accepté de mettre de côté leurs différends afin de mener conjointement les négociations, estime le ministre de l’Environnement Steven Guilbeault.

La nouvelle déclaration va d’ailleurs lier pour de bon les deux pays, puisqu’elle porte le nom des deux villes dans lesquelles les négociations ont eu lieu.

Salué par de nombreux pays et experts, le «Cadre mondial de la biodiversité Kunming-Montréal» est un accord historique visant à inverser la tendance en ce qui concerne les effets dévastateurs de l’humain sur la faune et les écosystèmes essentiels.

Les 196 signataires se sont engagés à protéger 30 % de leurs territoires terrestres et marins d’ici 2030, réduire l’utilisation de pesticides et de plastiques nocifs, augmenter les espaces verts urbains, assurer une utilisation durable des espèces sauvages, ainsi qu’à réduire la surconsommation et le gaspillage alimentaire.

«Nous avons réussi à avoir un « Moment Montréal » pour la nature», a déclaré M. Guilbeault lors de la conférence de presse de clôture de la COP15, mardi.

«Le Cadre mondial de la biodiversité Kunming-Montréal représente une victoire majeure pour notre planète et pour toute l’humanité», a-t-il ajouté.

La tournure des événements aurait toutefois pu être bien différente, puisque certains observateurs craignaient que les tensions diplomatiques entre le Canada et la Chine nuisent aux efforts de négociations.

La relation entre les deux pays s’est rapidement détériorée lorsque le Canada a arrêté, en 2018, la directrice financière de Huawei à la demande des États-Unis. En réponse, la Chine a rapidement arrêté deux Canadiens sur son territoire. Même si ces trois personnes ont été libérées, la tension demeure vive entre Ottawa et Pékin.

Les deux pays n’ont toutefois eu d’autre choix que de collaborer pour mener à bien la conférence. La Chine était officiellement présidente de cette COP15, mais les négociations finales ont été déplacées à Montréal en raison des restrictions sanitaires toujours en vigueur en Chine.

Interrogé sur ce niveau de coopération, mardi, le ministre chinois de l’Environnement, Huang Runqiu, a souligné que M. Guilbeault et lui s’étaient parlé au moins une fois par semaine depuis que Montréal a été choisi pour accueillir l’événement.

«Le Canada a été vraiment utile», a reconnu M. Huang par l’intermédiaire d’un interprète.

D’ailleurs, quelques instants après que M. Huang a confirmé la signature de l’accord, dans la nuit de dimanche à lundi, M. Guilbeault l’a félicité et l’a remercié pour sa solidarité.

«Ce que nous avons accompli est en quelque sorte le reflet du chemin parcouru par nos deux pays au cours des derniers mois. Nous avons décidé de mettre de côté nos différences et de travailler ensemble sur les choses qui nous unissent», avait-il souligné.

Cette phrase de M. Guilbeault a été accueillie par de vifs applaudissements du reste des délégués lors de la séance plénière finale.

La Chine restera à la présidence de la convention sur la biodiversité au cours des deux prochaines années. M. Huang a assuré qu’il va utiliser ce temps pour assurer la mise en œuvre de l’accord conclu à Montréal.

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