Le Canada et ses alliés de l’OTAN ne perdent pas de vue les défis antérieurs

OTTAWA — Le Canada et ses alliés de l’OTAN s’efforçaient jeudi de prendre les moyens pour répondre à la crise de la COVID-19 tout en continuant de s’attarder aux gestes de perturbation russes et à l’aide à l’Irak et l’Afghanistan déchirés par la guerre.

La discussion s’est déroulée par l’entremise de liens vidéo sécurisés —une première en sept décennies de l’alliance — entre les ministres des Affaires étrangères, dont François-Philippe Champagne, ainsi que les responsables politiques et militaires de l’OTAN.

Ils ont discuté de la nécessité de lutter contre la «désinformation» et d’apporter un soutien à divers partenaires, dont l’Organisation mondiale de la santé, les Nations unies et l’Union européenne, a indiqué l’alliance dans un communiqué diffusé après la réunion.

Le Canada dirige la mission de formation militaire de l’OTAN en Irak et a des troupes en Lettonie dans le cadre des efforts de dissuasion contre la Russie, qui a franchi la frontière européenne en annexant une partie de l’Ukraine en 2014. La réunion de jeudi a également cherché des moyens de soutenir davantage les pays non-membres de l’OTAN, l’Ukraine et la Géorgie, a indiqué l’alliance.

Un haut responsable canadien, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat en raison de la sensibilité des discussions, a déclaré que malgré la pandémie de COVID-19, la priorité du Canada est que l’alliance garde les yeux sur les défis qui étaient déjà présents avant l’éclosion.

Les défis concurrents se sont reflétés dans la déclaration de l’OTAN publiée à l’issue des pourparlers du matin, qui devait inclure le secrétaire général Jens Stoltenberg et le commandant suprême des forces alliées en Europe, le général Tod D. Wolters.

«Même si nous faisons absolument tout ce qui est possible pour contenir et surmonter ce défi, l’OTAN reste active, concentrée et prête à accomplir ses tâches essentielles: défense collective, gestion des crises et sécurité coopérative», indique le communiqué.

David Perry, analyste de la défense, a affirmé que l’OTAN faisait face à ses propres problèmes de santé, notamment le fait que le porte-avions USS Theodore Roosevelt est hors service en raison d’une éclosion du virus, tandis que le chef de l’armée polonaise a reçu un test positif le mois dernier.

Le communiqué de l’OTAN a indiqué que l’alliance transporte par avion des fournitures médicales dans le monde entier, fournit des personnes et des biens et des «équipements vitaux provenant de sources militaires et civiles, et exploite (ses) connaissances médicales, scientifiques et technologiques» pour faire face à la pandémie.

«Les alliés travaillent également ensemble pour assurer l’accès du public à des informations transparentes, opportunes et précises, ce qui est essentiel pour vaincre cette pandémie et lutter contre la désinformation», fait-on valoir.

La déclaration ne faisait aucune mention directe de la Russie, mais elle affirmait que la «capacité de l’alliance à mener nos opérations et à assurer la dissuasion et la défense contre toutes les menaces auxquelles nous sommes confrontés est intacte».

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