Le Canada ne recevra pas de doses de vaccins Pfizer la semaine du 25 janvier

OTTAWA — Une autre tuile s’abat sur Ottawa. Le major général Dany Fortin a annoncé mardi que le Canada ne recevra finalement pas de doses de vaccins de la compagnie Pfizer la semaine du 25 janvier. 

M. Fortin avait déjà affirmé que les impacts des retards de Pfizer seraient minimes cette semaine. Il dit avoir obtenu la confirmation que le Canada recevra 82 % des doses prévues lors de la prochaine livraison, prévue au milieu de la semaine.

Mais l’impact le plus sévère se fera sentir la semaine prochaine. Il était prévu que le Canada reçoive environ le quart des doses prévues. Ce chiffre est revu à la baisse, à zéro.  

«Nous avons été informés ce matin qu’il n’y aura pas d’expédition du vaccin Pfizer au cours de la semaine du 25 janvier. (…) Les chiffres pour les deux premières semaines de février sont toujours à être confirmés», a déclaré M. Fortin, en conférence de presse. 

«Comment ça se présente, concrètement, au mois de février? Nécessairement, ce sera moins, à première vue, que ce qu’on anticipait», a-t-il poursuivi.

«Mais on s’attend à ce que la croissance se matérialise mi-février et plus pour respecter leurs engagements contractuels», a-t-il ajouté.

Il est toujours prévu que Pfizer livre un total de quatre millions de doses d’ici la fin du mois de mars. 

Plusieurs provinces ont déjà modifié leur stratégie pour s’adapter aux délais de livraison. Québec a revu ses objectifs de vaccination légèrement à la baisse, et a toujours l’intention d’attendre jusqu’à 90 jours pour administrer la deuxième dose du vaccin. 

Questionné au sujet de l’absence de doses à prévoir la semaine prochaine, le ministre de la Santé du Québec, Christian Dubé, a répondu qu’il n’y pouvait rien. 

«Vous savez qu’on est au bout de la logistique. On prend les vaccins qui nous sont offerts, malheureusement. On aimerait avoir plus notre mot à dire dans ça, mais c’est notre réalité», a-t-il laissé tomber, lors d’une conférence de presse à Montréal. 

Les partis d’opposition à Ottawa ont été un peu plus combatifs. 

«Nous ne pouvons pas regarder vers l’avenir sans vaccins. Je suis extrêmement mécontent de l’échec continu du gouvernement à se procurer des vaccins et à les distribuer aux Canadiens», a déploré Erin O’Toole, chef du Parti conservateur. 

«Les doses de Pfizer semblent être la seule chose que les libéraux sont capables de bloquer à la frontière», s’est moquée Kristina Michaud, porte-parole du Bloc québécois en matière de sécurité publique, sur Twitter.

La ministre des Services publics et de l’Approvisionnement, Anita Anand, a soutenu être en contact étroit avec Pfizer. Elle a dit mardi, sur la base de conversations avec la compagnie, qu’elle ne pense pas qu’il y aura d’autres interruptions du genre à prévoir.  

Les retards des livraisons de Pfizer, causés par l’agrandissement d’une usine de production en Belgique, devaient affecter équitablement l’ensemble des pays qui reçoivent des doses de cette usine. 

Or, des médias ont rapporté que certains pays européens connaîtront des retards pour une ou deux semaines seulement et auront des impacts bien moins graves que le Canada. 

Le premier ministre Justin Trudeau n’a pas voulu confirmer ni infirmer cette information, mardi matin. Mais il a soutenu que, partout à travers le monde, les chefs de gouvernements souffrent des comparaisons sur le stade de vaccination dans leurs pays respectifs. 

«J’ai eu une très belle conversation avec Angela Merkel, la chancelière de l’Allemagne, hier, et elle a souligné que quasiment à chaque jour, elle se faisait critiquer par les journalistes allemands parce qu’elle n’avait pas fait aussi bien que le Canada. Je lui ai assuré qu’ici, moi, je me fais interpeller à chaque jour pour dire « pourquoi est-ce qu’on n’a pas fait aussi bien que d’autres pays? »», a relaté M. Trudeau. 

«Mais je peux vous dire qu’on est en train de travailler jour et nuit, avec des appels constants avec les producteurs de vaccins, pour s’assurer qu’on reçoit le plus de doses possible, le plus rapidement possible, pour les Canadiens parce qu’on veut tous passer à travers cette pandémie le plus rapidement possible», a-t-il conclu. 

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