Le Canada octroie 1 million $ pour la Cour pénale internationale

OTTAWA — La ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, annonce l’octroi d’un autre million de dollars pour la Cour pénale internationale.

Cette somme vise à soutenir les enquêtes de la Cour concernant les violences sexuelles et liées au genre partout dans le monde, notamment en Ukraine, où le Canada souhaite aider les recherches sur de possibles crimes de guerre commis par les Russes.

Mme Joly a fait cette annonce depuis la Pologne, où elle participe à un sommet de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), soit l’un des derniers forums où les pays occidentaux ont toujours des relations diplomatiques avec la Russie.

Le groupe formé de 57 pays se concentre habituellement sur la surveillance des processus électoraux, mais il a aussi joué un rôle pour ramener le calme dans des pays après une guerre, allant de la Bosnie au Tadjikistan.

Cette rencontre de deux jours à Lodz est la première depuis le début de l’invasion russe en Ukraine, en février. Malgré ses efforts, l’OSCE n’a pas été en mesure de résoudre le conflit.

Avant l’invasion, l’OSCE avait joué le rôle de médiateur pour négocier les accords de paix pour l’est de l’Ukraine après une guerre séparatiste soutenue par la Russie qui a commencé en 2014. En mars, l’OSCE a mis fin à sa mission spéciale de surveillance en Ukraine.

La Pologne a exclu la Russie du sommet, mais le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a souligné lors d’un point de presse virtuel que tenir Moscou à l’écart n’aidera pas à ramener la paix en Ukraine.

«Je peux affirmer de manière responsable que l’anti-présidence polonaise de l’OSCE occupera la place la plus misérable jamais vue dans l’histoire de cette organisation», a déclaré M. Lavrov en russe.

«Nos voisins polonais ont creusé la tombe de l’organisation en détruisant les derniers vestiges de la culture du consensus.»

Il a aussi accusé l’Occident de vouloir prendre le contrôle de l’OSCE, plutôt que de l’utiliser comme un pont pour maintenir les conversations diplomatiques. 

La ministre Joly a toutefois répliqué que la Russie refuse de discuter.

«Contrairement aux allégations du ministre Lavrov (…), c’est la Russie qui a refusé le dialogue. La Russie a non seulement fracassé la confiance entre les États participants de cette organisation, mais aussi à l’échelle mondiale», a-t-elle martelé.

«La soif d’ambition et de contrôle du président russe a remplacé sa conscience et il a choisi de faire déferler la violence de ses troupes sur la population civile de l’Ukraine», a-t-elle ajouté en faisant référence à Vladimir Poutine.

«Le viol, la torture, la destruction de l’infrastructure civile, l’anéantissement de la culture et la mort: rien n’arrête ce président et ses visées expansionnistes.»

La Russie a tout de même envoyé un délégué déjà installé en Europe au sommet. Ce dernier a accusé les puissances occidentales de saper la structure de sécurité de l’Europe. Son proche allié, le Bélarus, a fait écho à cet argument, affirmant que l’Occident isole injustement les deux pays.

Les deux pays ont d’ailleurs tenté de bloquer les propositions des 55 autres membres du groupe, y compris les processus administratifs réguliers.

«Aucun État participant ne devrait pouvoir bloquer unilatéralement le budget de l’OSCE ou les mandats de ses missions sur le terrain», a cependant estimé Mme Joly.

L’Ukraine a demandé à ce que la Russie soit expulsée de la réunion.

– Avec des informations de l’Associated Press

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