Israël suspend un accord qui aurait pu amener des réfugiés africains au Canada

OTTAWA — Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a suspendu un accord avec les Nations unies qui aurait pu entraîner l’accueil, notamment au Canada et aux États-Unis, de demandeurs d’asile africains refusés par Israël.

Israël envisage de déporter des milliers de migrants et de demandeurs d’asile, principalement de l’Érythrée et du Soudan, vers un pays africain non précisé, très possiblement le Rwanda.

L’entente conclue avec les Nations unies devait permettre d’envoyer plus de 16 000 d’entre eux dans d’autres pays, dont le Canada.

Le premier ministre israélien a révélé la suspension de l’accord dans un message sur Facebook quelques heures après qu’Israël eut annoncé qu’il abandonnait son projet controversé de déporter des milliers de migrants et de demandeurs d’asile.

Le Canada était cité comme possible pays d’accueil pour certains de ces demandeurs d’asile africains, mais on ignorait dans l’immédiat si le gouvernement libéral augmenterait le nombre total de réfugiés provenant de cette région qu’il avait déjà accepté d’accueillir.

L’accord entre Israël et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) aurait écarté la menace d’expulsion visant environ 39 000 personnes.

La déportation massive devait s’amorcer le 1er avril, mais M. Nétanyahou avait affirmé lundi que le plan était interrompu, alors qu’il semblait clair que le pays d’accueil pressenti ne serait pas en mesure d’absorber les déportés.

Désormais, M. Nétanyahou affirme qu’il mènera de plus amples consultations sur son projet.

Jean-Nicolas Beuze, représentant au Canada du HCR, a dit ne pas avoir de commentaire sur la nouvelle de la volte-face du premier ministre israélien. Plus tôt lundi, M. Beuze avait indiqué que des discussions étaient en cours avec d’autres pays qui pourraient accueillir des demandeurs d’asile. 

Le doute planait quant à savoir si les intentions d’Israël auraient entraîné l’accueil d’un plus grand nombre de demandeurs d’asile par le Canada.

Un porte-parole du ministre canadien de l’Immigration Ahmed Hussen avait affirmé, plus tôt lundi, que le gouvernement fédéral concentrait actuellement ses efforts à régler les dossiers d’environ 1800 réfugiés de l’Érythrée et du Soudan qui se trouvent en Israël et dont l’accueil au Canada était déjà prévu par l’entremise du programme de parrainage privé.

En février, le gouvernement fédéral a conclu une entente avec Israël pour éviter que des demandeurs d’asile devant venir au Canada ne soient déportés et pour augmenter les ressources consacrées au traitement de ces dossiers dans son bureau de Tel-Aviv.