Le Canada pourrait avoir des postes de précontrôle douanier aux États-Unis

WASHINGTON — Le Canada pourrait bientôt avoir ses premiers postes douaniers à l’intérieur des États-Unis.

Selon un responsable américain, le dossier des postes de précontrôle douanier devrait bientôt progresser.

Kenneth Merten, du département d’État, affirme que deux endroits sont envisagés pour des projets pilotes, dans les aéroports des villes de Scottsdale, en Arizona, et de Fort Lauderdale, en Floride.

M. Merten faisait partie des conférenciers participant à un congrès sur l’avenir de la frontière canado-américaine, qui se déroulait lundi au Wilson Center de Washington.

Les nouveaux postes de précontrôle douanier représenteraient une percée dans un dossier qui perdure depuis des décennies. Les États-Unis ont de tels postes de contrôle dans des aéroports canadiens depuis plusieurs années. Les voyageurs peuvent ainsi passer ce contrôle avant l’embarquement afin de réduire les temps d’attente à leur arrivée aux États-Unis.

Des innovations plus récentes impliquent les voyages par train, avec des projets pilotes de précontrôles douaniers pour les passagers à Montréal et en Colombie-Britannique.

Le projet pourrait s’étendre au sud, a indiqué ce responsable, lundi.

«Bien que le Canada n’ait pas encore déployé de personnel d’inspection aux États-Unis pour faciliter le mouvement de précontrôles vers le Canada, nous espérons voir des actions sur ce dossier dans un avenir rapproché. Possiblement dans un projet pilote à Scottsdale, ou à Fort Lauderdale, par exemple», a affirmé M. Merten.

Un responsable canadien qui s’exprimait dans le cadre de la conférence a estimé que l’accélération des passages aux postes douaniers représentait un impératif économique, puisque les temps d’attente avaient coûté à l’économie canadienne entre 1,0 pour cent et 1,8 pour cent de son produit intérieur brut en 2010.

«Une frontière plus transparente, plus efficiente, facilitera la situation pour les passagers. Cela est aussi essentiel pour les économies (des deux pays)», a affirmé Vincent Rigby, sous-ministre adjoint à la Sécurité publique.

Le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a déjà dit que son objectif ultime était de mettre en vigueur des précontrôles pour le fret. Dans une récente entrevue avec La Presse canadienne, il a décrit cet objectif ainsi: avoir des douaniers qui inspectent des pièces automobiles dans une usine, qui observent le scellage de cargaisons et qui les envoient pour une circulation rapide entre les pays.

Toutefois, une responsable d’expérience dans l’industrie du camionnage a livré une mise en garde.

Jennifer Fox a exprimé la crainte que tous ces efforts de modernisation de haut niveau soient inutiles si les pays échouent à améliorer de petits détails. Elle a dit parler en fonction de frustrations bureaucratiques qu’elle a vécues.

L’un des problèmes, selon elle, est la déconnexion entre les départements gouvernementaux et les réseaux douaniers. La communication est déficiente entre les organismes de réglementation — comme l’Agence de protection environnementale aux États-Unis (EPA) ou la U.S. Food and Drug Administration — et les systèmes de douanes, selon Mme Fox, faisant aujourd’hui partie du groupe North American Strategy for Competitiveness.