Le Canada s’engage prudemment sur la voie du déconfinement graduel

TORONTO — Le Canada continuait à s’engager à petits pas sur la voie du déconfinement graduel, vendredi, alors que l’Île-du-Prince-Édouard devenait la deuxième province à assouplir certaines restrictions imposées pour endiguer la pandémie de COVID-19.

Les chirurgies électives et d’autres services de soins de santé non urgents, y compris la physiothérapie et l’optométrie, redémarrent dans cette province, tout comme les rassemblements en plein air de cinq personnes de différents ménages, ainsi que les activités récréatives en plein air sans contact physique.

Le Québec, qui affiche le plus grand nombre de cas de COVID-19 et de décès au Canada, devrait rouvrir des commerces de détail à l’extérieur de Montréal lundi et une semaine plus tard dans la métropole. Le Nouveau-Brunswick a déjà autorisé les interactions entre deux familles, un retour à l’école pour les étudiants de niveau postsecondaire et la reprise du golf, de la pêche et de la chasse.

D’autres provinces — la Saskatchewan, l’Alberta et le Manitoba — prévoyaient assouplir certaines restrictions dès lundi. L’Ontario, qui n’a encore levé aucune restriction, a signalé 421 nouveaux cas vendredi et 39 décès supplémentaires, la plupart dans des établissements de soins de longue durée.

Le gouvernement fédéral, en collaboration avec les provinces et les territoires, a dévoilé plus tôt cette semaine des lignes directrices nationales pour permettre aux entreprises de rouvrir et aux Canadiens de reprendre des activités plus normales, dans une approche graduelle et progressive, éclairée par les lumières de la santé publique.

Même si le taux d’infection semble ralentir dans la majeure partie du pays, l’administratrice en chef de la santé publique du Canada, Dre Theresa Tam, a mis en garde contre le risque croissant pour les communautés autochtones, considérées comme très vulnérables en raison de leurs conditions de vie, notamment le logement, et du manque d’accès rapide aux services de santé.

À ce jour, on recense au moins 129 cas de COVID-19 dans les réserves et 16 dans les communautés inuites. Et on apprenait jeudi que la COVID-19 avait maintenant atteint l’Arctique: le Nunavut a recensé son tout premier cas, à Pond Inlet, une des communautés les plus septentrionales du pays.

Un comité permanent des Communes devait d’ailleurs se pencher vendredi sur les risques encourus par les communautés autochtones, en faisant témoigner plusieurs ministres, y compris la ministre des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett.

Nombre de cas

Il y a eu plus de 832 000 tests administrés au Canada jusqu’à maintenant. Environ 7 % d’entre eux ont détecté la maladie.

Ces tests ont décelé 55 061 cas confirmés ou probables. La COVID-19 a provoqué la mort de 3391 Canadiens.

Distribution des cas au pays, selon les plus récents bilans provinciaux et territoriaux: 28 648 cas au Québec, dont 2022 décès; 16 608 cas en Ontario, dont 1121 décès; 5573 cas en Alberta, dont 92 décès; 2145 cas en Colombie-Britannique, dont 112 décès; 959 cas en Nouvelle-Écosse, dont 29 décès; 415 cas en Saskatchewan, dont six décès; 279 cas au Manitoba, dont six décès; 259 cas à Terre-Neuve-et-Labrador, dont trois décès; 118 cas au Nouveau-Brunswick, dont 116 guéris; 27 cas à l’Île-du-Prince-Édouard, dont 24 guéris; 11 cas au Yukon, dont neuf guéris; cinq cas dans les Territoires-du-Nord-Ouest, tous guéris; un seul cas au Nunavut.

À ces bilans provinciaux et territoriaux s’ajoutent les 13 cas, tous guéris, chez les passagers rapatriés du navire de croisière Grand Princess le 10 mars.