Le Canada songe à adhérer à la nouvelle banque chinoise de développement

PÉKIN, Chine – Le Canada est désireux de s’impliquer dans la nouvelle banque de développement en Chine, a indiqué le premier ministre Justin Trudeau, mardi, un geste qui pourrait aider le pays asiatique à bien établir sa crédibilité économique à l’échelle internationale.

La Chine a fondé la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (BAII) à la fin de 2014 afin de donner aux pays de la région un accès à des capitaux pour investir dans des travaux importants dans des domaines comme le transport, l’énergie et les télécommunications.

L’organisme a déjà investi plus de 500 millions $ US au Bangladesh, en Indonésie, au Pakistan et au Tajikistan. Les autorités chinoises ont déjà déclaré qu’elles prévoyaient prêter de 10 à 15 milliards $ au cours des cinq prochaines années.

Au cours d’une discussion avec des gens du monde des affaires, M. Trudeau a affirmé que son gouvernement croyait beaucoup en l’importance d’investir dans les infrastructures. C’est une des raisons pour lesquelles le Canada examine favorablement la possibilité d’adhérer à la BAII, a-t-il ajouté.

Si le Canada allait de l’avant, il rejoindrait 57 autres pays membres, dont l’Australie, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne et la Corée du Sud. Les États-Unis se sont opposés à la fondation de cette banque de développement et ont tenté de convaincre leurs alliés de ne pas y adhérer.

Chaque membre doit apporter des fonds émis sous forme de parts. L’Australie a accepté de contribuer pour 930 millions $ au cours des cinq prochaines années. Selon le réseau Australian Broadcasting Corp., le pays de l’Océanie est le sixième plus important partenaire financier de la BAII

Un ancien diplomate canadien, Charles Burton, qui enseigne à l’Université Brock, à St. Catharines, en Ontario, affirme que si le Canada adhérait à la BAII, il enverrait le signal que le pays est prêt à ce que la Chine puisse avoir une influence sur le paysage économique international.

«En appuyant cette banque, nous indiquerions notre intention d’instaurer notre confiance en la volonté de la Chine de l’utiliser pour le plus grand bien de la collectivité d’un point de vue libéral et non seulement pour atteindre des objectifs géopolitiques.»

Mais les autorités canadiennes demeurent circonspectes à l’idée d’appuyer la Chine, particulièrement en raison de ses récentes manoeuvres dans la mer de Chine méridionale, affirme Paul Evans, de l’Université de la Colombie-Britannique. Toutefois, il dit que la majorité d’entre elles croit que le pays a commis une erreur en refusant d’adhérer à la BAII, l’an dernier.

Selon lui, l’adhésion canadienne aurait une importance symbolique dans les relations entre les deux pays.

Il estime qu’il en coûtera jusqu’à un milliard de dollars pour adhérer à l’institution. Le prix peut paraître élevé, a-t-il reconnu, mais les entreprises canadiennes pourraient bénéficier des projets qui seront financés par la BAII.

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