Le Canada souhaite accueillir une rencontre du G7 sur la désinformation l’an prochain

OTTAWA — Le Canada serait prêt à accueillir l’année prochaine un sommet ministériel du G7 afin de mettre en œuvre de nouveaux programmes et outils pour endiguer la propagation de la désinformation dans les démocraties.

Le ministre de la Sécurité publique, Marco Mendicino, a lancé l’invitation cette semaine à ses homologues du G7 lors d’une réunion ministérielle à Eltville, en Allemagne.

M. Mendicino a précisé en entrevue téléphonique que les ministres de l’Intérieur et de la Sécurité nationale des pays du G7 avaient commencé à explorer des moyens de collaborer plus étroitement pour lutter contre la propagande et d’autres formes de fausses informations en ligne, en améliorant la littératie numérique et en donnant aux citoyens les moyens de trouver des informations fiables. Le ministre estime que le G7 offre un forum idéal pour relever ces défis.

Lors du sommet de 2018 à La Malbaie, les leaders des pays du G7 avaient créé le «Mécanisme de réponse rapide» (MRR) pour renforcer la coordination des membres afin d’identifier et de répondre à une gamme toujours croissante de menaces étrangères à la démocratie.

Le MRR, qui comprend une unité canadienne hébergée à Affaires mondiales, s’est concentré sur la lutte contre la désinformation «parrainée» par des États étrangers.

L’unité canadienne a ainsi détecté ce qui aurait pu être une opération du Parti communiste chinois visant à décourager les Canadiens d’origine chinoise de voter pour les conservateurs lors des dernières élections fédérales.

Désinformation russe

M. Mendicino a déclaré que ce Mécanisme de réponse rapide s’était avéré utile après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, lorsque Moscou a soutenu vouloir «dénazifier» son voisin.

«Nous avons utilisé le Mécanisme de réponse rapide pour dénoncer et condamner (ce discours), a-t-il déclaré. Mais la question est maintenant de savoir comment nous pouvons continuer à tirer parti de ce mécanisme, de ce protocole au sein du G7.»

Le ministre de la Sécurité publique estime que les démocraties doivent également s’engager avec les entreprises de médias sociaux et les grandes sociétés technologiques pour mieux comprendre comment les informations sont présentées — et s’assurer «qu’elles respectent, autant que possible, les termes et conditions de leurs propres accords d’utilisation». M. Mendicino admet toutefois que c’est là un défi à plus long terme. 

La désinformation continue de se répandre en ligne sur diverses plateformes de médias sociaux à un rythme effréné, ce qui pose une menace omniprésente pour l’économie, les milieux universitaires, les institutions démocratiques et le sain échange d’idées, a rappelé le ministre.

Un forum du G7 au Canada serait une façon, selon lui, d’essayer de «renverser le scénario et de prendre de l’avance sur la courbe de la désinformation». 

Laisser un commentaire

Les commentaires sont modérés par l’équipe de L’actualité et approuvés seulement s’ils respectent les règles de la nétiquette en vigueur. Veuillez nous allouer du temps pour vérifier la validité de votre commentaire.