Le Canada surveille la situation après un vote du Parlement irakien

OTTAWA — Le gouvernement canadien dit suivre de près l’évolution de la situation après que le Parlement irakien eut demandé l’expulsion des troupes étrangères du pays.

Todd Lane, un porte-parole du ministre de la Défense nationale Harjit Sajjan, refuse d’indiquer si des plans sont en préparation afin de faire sortir le personnel militaire canadien de l’Irak si la situation se détériorait davantage.

Les législateurs irakiens ont approuvé dimanche une résolution demandant à leur gouvernement de mettre fin à un accord en vertu duquel des forces américaines et alliées sont stationnées dans le pays pour combattre Daech (groupe armé État islamique)

La résolution n’est pas contraignante, mais elle a obtenu le soutien du premier ministre sortant.

La mission d’entraînement de l’OTAN dirigée par le Canada en Irak a été temporairement suspendue à la suite du meurtre du général iranien Ghassem Soleimani.

Vendredi, une frappe aérienne américaine a tué l’officier et plusieurs hauts responsables irakiens à l’aéroport de Bagdad. Le général Soleimani était le stratège derrière les guerres par procuration de l’Iran dans tout le Moyen-Orient. Washington le tient responsable de la mort de centaines d’Américains dans des attentats.

«Nous continuons de surveiller et d’évaluer la situation. Nous restons en étroite coordination avec nos partenaires internationaux, a fait savoir Todd Lane dans un courriel. Notre objectif reste un Irak uni et stable. Nous voulons empêcher le retour de Daech».

M. Lane a refusé de dire si le Canada avait l’intention de retirer ses soldats de l’Irak.

«Nous n’avons aucun autre commentaire à formuler à ce stade-ci», a-t-il souligné.

Le Canada compte 250 militaires travaillant pour la mission de formation de l’OTAN ainsi que des dizaines de soldats des forces spéciales collaborant avec les forces de sécurité irakiennes dans le nord du pays.

Les tensions au Moyen-Orient se sont intensifiées depuis la frappe aérienne du président américain Donald Trump et les menaces de représailles des dirigeants iraniens.

Ces tensions se font également sentir au Canada, alors que le Conseil des Relations Américano-Islamique signale que des dizaines d’Iraniens et d’Irano-Américains ont été longuement détenus et interrogés au passage frontalier de Peace Arch reliant la Colombie-Britannique à l’État de Washington.

Le Conseil des Relations Américano-Islamiques a déclaré que de nombreuses autres personnes se seraient vu refuser l’entrée aux États-Unis, y compris beaucoup de citoyens américains qui rentraient chez eux après un concert de musique pop iranienne qui a eu lieu samedi à Vancouver.

«Les personnes détenues ont rapporté que leurs passeports avaient été confisqués et qu’ils avaient été interrogés sur leurs opinions et allégeances politiques», a indiqué le conseil dans un communiqué publié en ligne.

Le communiqué cite une étudiante américaine en médecine de 24 ans qui a déclaré qu’elle avait été détenue et interrogée pendant plus de 10 heures. Les courriels et les messages téléphoniques envoyés au conseil sont restés sans réponse.

Un porte-parole du ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile, Bill Blair, a déclaré que l’Agence des services frontaliers du Canada «n’a aucune implication dans l’affaire».

«Tous les citoyens canadiens, quels que soient leurs antécédents, sont égaux devant et en vertu de la loi, et personne ne sera jamais détenu arbitrairement à la frontière canadienne ni refusé d’entrée uniquement en raison de son appartenance ethnique ou de sa religion», a déclaré le bureau de Bill Blair.