Le candidate démocrate Joe Biden condamne la violence à Portland

PORTLAND, Ore. — Le candidat démocrate à l’élection présidentielle américaine, Joe Biden, a condamné dimanche les affrontements violents survenus la veille à Portland, qui ont coûté la vie à un sympathisant de Donald Trump.

«La violence meurtrière que nous avons pu voir au cours de la nuit à Portland est inacceptable. Échanger des coup de feu dans les rues d’une grande ville américaine est inacceptable», a-t-il déclaré dans un communiqué publié par l’organisation démocrate et repris sur les réseaux sociaux.

M. Biden a condamné tout acte de violence, qu’il soit commis par la droite ou par la gauche. Il a défi son adversaire, le président sortant Donald Trump, de l’imiter.

«Nous ne devons pas devenir un pays en guerre avec lui-même, a-t-il ajouté. [Nous ne devons pas devenir] un pays qui accepte qu’un humain soit tué par un compatriote à cause d’un désaccord, un pays où on jure de se venger des uns et des autres.»

Il a soutenu que les États-Unis étaient devenus un pays moins sûrs pendant la présidence de Donald Trump. «Les tensions s’accroissent, les divisions sont plus profondes. Notre sûreté est moins grande parce qu’il n’est pas capable d’accomplir son travail de président.»

Affrontements violents

Au cours de la soirée et de la nuit, les affrontements entre partisans de Donald Trump et du mouvement Black Lives Matter ont été particulièrement violents à Portland, mais on ignore encore s’il y a un lien entre eux et les coups de feu meurtriers.

La police de Portland en Oregon a lancé un appel dimanche matin pour recueillir des vidéos, des photos ou des témoignages oculaires des événements.

Les coups de feu ont été entendus à 20 h 46, soit 16 minutes après le départ du cortège formé par des partisans du président Trump, précise le communiqué de la police. À l’arrivée des policiers sur les lieux, ils n’ont pu que constater le décès de l’homme qui avait été atteint à la poitrine.

La police n’a publié aucune information sur l’affaire, mais elle a déclaré qu’elle était au courant que des vidéos sur les réseaux sociaux qui montraient la fusillade.

«Il est encore tôt dans cette enquête, et je demande à chacun de donner aux détectives le temps de faire leur important travail avant de tirer des conclusions sur ce qui s’est passé, a déclaré le chef de la police Chuck Lovell. Si quelqu’un peut fournir des informations sur cette affaire, je lui demande de contacter nos détectives. Cette violence est totalement inacceptable et nous travaillons avec diligence pour trouver et appréhender la ou les personnes responsables. »

De son côté, Donald Trump a publié et partagé dimanche matin une avalanche de messages accusant le maire de Portland, Ted Wheeler, d’être responsable de la mort de l’individu. Dans un de ces messages, le président semble encourager ses partisans à se rendre à Portland.

«De grands patriotes!» a commenté M. Trump au sujet d’une vidéo qu’il a partagée, montrant ses partisans se diriger vers Portland pour confronter les manifestants.

Plus tard, en fin d’après-midi, il a écrit sur sa plateforme favorite que «la force était le seul moyen pour arrêter la violence» dans les villes dirigées par des démocrates.

Le secrétaire à la Sécurité intérieure par intérim, Chad Wolf, a reproché aux responsables locaux de ne pas «protéger leurs communautés».

«Je demande aux responsables de Portland, donc le maire, le gouverneur et les forces de l’ordre locales, de faire leur travail pour lutter contre toute activité violente qui se produit dans leurs rues», a déclaré Chad Wolf sur le réseau CBS lors de l’émission «Face the Nation».

Un photographe pigiste de l’agence Associated Press affirme avoir entendu trois coups de feu avant d’apercevoir des ambulanciers paramédicaux tenter de réanimer l’homme blanc qui était étendu sur la chaussée. La victime portait une casquette avec l’insigne Patriot Prayer, un mouvement de la droite dont les membres ont eu fréquemment des heurts dans le passé avec d’autres manifestants à Portland.

La victime n’avait pas encore été formellement identifiée et il était incertain qui avait tiré les coups de feu.

Joey Gibson, le leader du mouvement, a confirmé à l’Associated Press que l’homme mort était «un bon ami».

M. Gibson a dit être présent à Portland au moment des affrontements. Il est arrivé sur les lieux du drame peu après son dénouement. On peut le voir dans une vidéo, entouré brièvement par des protestataires en colère près d’une station-service.

La ville de Portland a été le théâtre de multiples manifestations nocturnes depuis plus de trois mois, soit depuis la mort de George Floyd aux mains de la police à Minneapolis. Plusieurs de ces manifestations ont tourné à la violence, avec du vandalisme, et des manifestants ont été arrêtés.

Dans les deux heures qui ont suivi les coups de feu, des manifestants se sont rassemblés au centre-ville et il y a eu des combats sporadiques et du vandalisme, a indiqué la police. Dix personnes ont été arrêtées.

Le cortège de partisans du président Trump est arrivé au centre-ville au moment même où une manifestation planifiée commençait. La scène chaotique est survenue deux jours après que Donald Trump eut invoqué Portland comme une ville libérale envahie par la violence dans un discours prononcé à la Convention nationale républicaine. C’était le troisième samedi consécutif que des partisans de Donald Trump se rassemblaient dans la ville.

Laisser un commentaire
Les plus populaires