Le cas des deux Michael: une «diplomatie des otages», estime le ministre Sajjan

OTTAWA — Le ministre canadien de la Défense a qualifié mercredi la détention prolongée de deux Canadiens par la Chine de «diplomatie des otages» et il a exhorté l’OTAN à surveiller de près le géant asiatique, qui s’affirme de plus en plus.

Harjit Sajjan a fait ces commentaires lors d’un panel organisé par le groupe de réflexion slovaque «Globsec».

Il y a près de deux ans maintenant, les autorités chinoises arrêtaient l’ancien diplomate Michael Kovrig et l’entrepreneur Michael Spavor. Les deux hommes ont été arrêtés, séparément, peu de temps après l’interpellation par les autorités canadiennes à Vancouver de Meng Wanzhou.

La directrice financière du géant chinois des télécommunications Huawei est recherchée aux États-Unis pour fraude. Mme Meng, qui clame son innocence, risque maintenant d’être extradée vers les États-Unis, tandis que les autorités chinoises ont accusé les deux Canadiens d’espionnage — des chefs qui seraient forgés de toute pièce, selon de nombreux observateurs. Les Canadiens auraient un accès limité aux agents consulaires et seraient détenus dans des cellules où les lumières ne sont jamais éteintes.

Le ministre Sajjan a évoqué mercredi le cas des «deux Michael» en réponse à une question sur la menace posée par la Chine en matière de sécurité mondiale. «Je m’en voudrais de ne pas profiter de cette occasion pour parler de nos deux Canadiens qui ont tous les deux été détenus arbitrairement en Chine», a-t-il déclaré au cours de la table ronde qui comprenait également ses homologues de Slovaquie et de Lettonie.

«Les bonnes nations fondées sur le respect des règles n’utilisent pas ce type de diplomatie des otages. Donc, si vous voulez faire partie de l’ordre mondial fondé sur des règles, nous devons avoir une plus grande prévisibilité. Et ce genre de choses vont à l’encontre de la norme», a-t-il dit.

Le ministre a ensuite remercié les alliés de l’OTAN d’avoir répondu aux appels lancés par Ottawa pour que Pékin libère les deux Canadiens. Leurs cas, ainsi que la détention de Mme Meng à Vancouver depuis décembre 2018, sont maintenant au coeur des relations entre le Canada et la Chine.

Le ministre Sajjan a admis que le Canada et la Chine continuaient d’entretenir des relations solides «en ce qui concerne certains aspects de notre commerce», mais il a cité les actions de Pékin en mer de Chine méridionale comme un exemple où cela pose un problème de sécurité.

La Chine a considérablement étendu sa présence militaire et ses revendications territoriales dans ces eaux, malgré l’opposition de ses voisins ainsi que les décisions d’instances internationales contre certaines de ses revendications.

«Ce sont certaines des choses que nous continuerons de surveiller et que nous devons surveiller au sein de l’OTAN», a estimé le ministre Sajjan. «C’est pourquoi nous parlons toujours du fait que l’OTAN doit avoir une vision à 360 degrés. Il ne s’agit pas seulement de réagir à un problème particulier: il faut faire en sorte que tout pays soit conscient de la volonté collective apportée par l’OTAN: ce message fort de défense et de dissuasion.»

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